Lors d'une conférence de presse, les députés socialistes ont donné leur position, en amont du vote, sur le rapport de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public. Ils souhaitent que les préconisations soient faites au nom du rapporteur Charles Alloncle (UDR) et pas au nom de l'Assemblée nationale. Si tel n'est pas le cas, ils voteront contre la publication. Du côté des députés de La France insoumise, le vote sera négatif.
Le vote sur le rapport faisant suite aux travaux de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public aura lieu lors d'une réunion prévue ce lundi 27 avril à 14h30. Mais en amont, le groupe Socialistes de l'Assemblée nationale, qui compte quatre membres au sein de la commission, a tenu une conférence de presse pour expliquer sa position sur la publication - ou non - des conclusions du rapporteur Charles Alloncle (Union des droites pour la République).
"Nous ne pouvons pas réduire le vote de cet après-midi à la publication du rapport. [...] Il est présenté au nom des membres de la commission d'enquête", a déclaré en introduction le président du groupe Boris Vallaud, qui a dénoncé une instance "sous influence", "sous ingérences".
Dans la foulée, la députée Ayda Hadizadeh a déploré que le rapport de Charles Alloncle - que les membres de l'instance, dont elle-même, ont pu consulter ces derniers jours - soit "du même bois que celui des auditions qu'il a menées", à savoir des "attaques ad hominem, des insinuations, des diffamations et des mensonges" (voir la vidéo en tête d'article). "Pour nous, c'est non, il n'y a pas un monde où ces méthodes sont démocratiques", a poursuivi l'élue, qui évoque d'une dérive "trumpiste". "Il est temps de dire stop, mettons un coup d'arrêt aux méthodes dont nous avons été les témoins malheureux", a-t-elle également déclaré.
Les députés socialistes font une proposition, qui sera, selon eux, présentée par le président de la commission d'enquête, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) ce lundi après-midi. "Le président de la commission envisage de séparer la partie collégiale de celle qui appartient au rapporteur. Si cette proposition est faite, le PS votera contre la publication du rapport rendu au nom de la commission, mais acceptera la publication des propositions qui seront débattues dans l'espace public", a expliqué Boris Vallaud.
"On va proposer que l'entièreté des recommandations soient celles du rapporteur et qu'elles soient publiées ainsi", a détaillé Ayda Hadizadeh, avant d'ajouter : "Il ne peut pas vouloir apposer le sceau de l'Assemblée nationale sur un rapport écrit avec cette plume-là."
La députée plaide donc pour deux votes distincts : l'un pour approuver, ou non, la publication du rapport, l'autre pour approuver la publication, ou non, des recommandations de Charles Alloncle.
Dans la foulée de la conférence de presse du groupe Socialistes, La France insoumise a fait part de son intention de s'opposer tout bonnement à la publication du rapport. "Il ne s'agit pas d'un rapport parlementaire issu d'une enquête. Une enquête établit des faits, elle ne juge pas des opinions des uns et des autres", a argué Aurélien Saintoul. Quand Nadège Abomangoli a dit la nécessité de "mettre un stop très net à l'instrumentalisation grotesque qui a été faite de cette commission d'enquête".
Dans un communiqué publié ce lundi, les députés de La France insoumise ont aussi mis directement en cause Charles Alloncle, qualifiant son rapport de "mensonger, partial et contradictoire" et évoquant des méthodes "incompatibles avec l'exigence de rigueur attendue d'un rapport parlementaire". Si les députés s'inquiètent du "précédent" que la non-publication du rapport pourrait créer pour l'avenir des commissions d'enquête, ils estiment que "la véritable dérive réside dans leur instrumentalisation".
Le groupe Ecologiste et Social, qui tenait une conférence de presse à la suite de celle organisée par La France insoumise, a également annoncé vouloir voter contre la publication du rapport. "Cette commission aura créé un précédent détestable (...) Voter ce rapport serait accepter ce dévoiement", a justifié la députée écologiste Sophie Taillé-Polian. Son collègue Jérémie Iordanoff a quant à lui estimé nécessaire d'avoir un "geste de courage", à savoir "censurer Charles Alloncle pour l'ensemble de son œuvre".