Evoquant une "situation assez grave", le Premier ministre a dévoilé, ce jeudi 30 avril, des mesures visant à mieux sécuriser les données numériques de l'Etat. Ces annonces interviennent deux semaines après la fuite ayant touché près de 12 millions de comptes sur le portail qui gère les demandes de pièces d’identité.
"Un casse du siècle pratiquement tous les mois". En visite ce jeudi dans les locaux de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), frappée le 15 avril dernier par une fuite massive de données, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a dit sa détermination à élaborer une "doctrine de protection" face aux cyberattaques qui visent l'Etat.
Faisant état d'"énormément d'intrusions informatiques et de vols de données", en particulier depuis ce début d'année, le chef du gouvernement a précisé que ces atteintes ne concernaient "heureusement pas les données classifiées de l'Etat". Expliquant que des mesures de sécurité drastiques avaient été mises en place depuis plusieurs années pour protéger les données les plus sensibles, il a reconnu que "plus on s'écarte du cœur du régalien, plus les fragilités sont là". Sébastien Lecornu a notamment fait référence au ministère de l'Education nationale pour illustrer la "vétusté numérique" et "les obsolescences" de certains services dont les logiciels datent parfois des années 1990, parlant d'une "dette numérique assez importante".
Evoquant une "situation assez grave" face à "des adversaires déterminés", qu'il s'agisse de certains Etats, de groupes criminels, ou encore de loups solitaires, avec une pérméabilité souvent constatée entre ces différents types d'acteurs, le Premier ministre a dit la nécessité de rectifier le tir, en se dotant de dispositifs plus conformes à la nature des menaces actuelles. Il a également annoncé la création d'une "véritable autorité numérique de l'Etat", qui résultera de la fusion entre la direction interministérielle du numérique (Dinum) et direction interministérielle de la transformation publique (DITP).
Le locataire de Matignon a aussi indiqué qu'il avait demandé au services de l'Etat d'agir pour "nous attaquer nous-mêmes", l'idée étant de "stresser nos propres vulnérabilités" et de "construire des scénarios de crise". Des tests à même, selon lui, de faire émerger à terme d'autres "solutions structurelles, plutôt que des réponses d'urgence".