Chaque voix compte - Pétrole, gaz, fret maritime... Menaces sur l'économie française
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À LA UNE / Pétrole, gaz, fret maritime... Menaces sur l'économie française
La guerre au Moyen-Orient, qui a débuté samedi 28 février, par des frappes israélo-américaines massives suivies par la riposte de Téhéran, fait redouter une perturbation de l'économie mondiale. De fait, une grande partie des enjeux économiques mondiaux se jouent au niveau du détroit d'Ormuz. Cette route maritime stratégique désormais bloquée, l'acheminement de matières premières est à l'arrêt. Or, un quart du pétrole mondial et un cinquième du gaz naturel liquéfié y transitent. Ces perturbations se ressentent déjà sur les prix : le prix du gaz européen a bondi, atteignant 59,950 euros le mégawattheure, un niveau inédit depuis février 2023. L'économiste Anne-Sophie Alsif évoque des répercussions sur l'inflation : « s'il y a une tension sur le gaz et le pétrole, l'inflation en France pourra atteindre 2% », alors que cette dernière est actuellement de 1%. Le blocage du détroit perturbe aussi la navigation de nombreux navires dans la zone : lundi 2 mars, au moins 167 navires étaient ainsi bloqués, dont 60 porte-conteneurs contenant des marchandises. De nombreux autres produits risquent eux aussi de se trouver impactés, tels que les engrais et le plastique. Pour Paul Chollet, économiste : « l'impact du conflit iranien sur le quotidien des Français dépendra en réalité largement de son intensité, mais surtout de sa durée ». La guerre au Moyen-Orient pourrait-elle générer un choc économique mondial ?
Invités :
- David Rigoulet-Roze, rédacteur en chef de la revue « Orients Stratégiques »,
- Aurore Lalucq, eurodéputée « Place Publique », Présidente de la commission des affaires économiques au Parlement européen,
- Nicolas Goldberg, responsable du pôle énergie du think-tank « Terra Nova ».
Chroniques :
« La petite histoire dans la grande » par Anna Cabana
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / École : le privé va-t-il détrôner le public ?
Selon une étude publiée le mardi 3 mars 2026 par l'Institut des politiques publiques, entre 2016 et 2024, le nombre d'élèves de CP a baissé 24% dans le public, contre 4% dans le privé. En 14 ans, le nombre de naissances a diminué de 32% et cette baisse de la natalité affecte de façon beaucoup plus significative l'enseignement public que le privé. À Paris, la part des élèves de sixième scolarisés dans l'enseignement privé pourrait ainsi atteindre 50% à l'horizon 2035, contre 38,7% en 2025. Or, pour les auteurs de l'étude, cette ruée vers le privé risque d'accentuer la ségrégation sociale : à Paris en 2024, 55% des élèves de 6e étaient issus de milieux sociaux très aisés. La proportion pourrait atteindre 72% en 2035. Pour enrayer la dynamique du privé, l'Institut des Politiques Publiques plaide pour des suppressions de classes dans le privé et une révision des modalités de répartition des financements publics alloués au privé. L'enseignement privé supplantera-t-il le public et comment expliquer ce phénomène ?
Invités :
- Rodrigo Arenas, député « La France Insoumise » de Paris,
- Chantal Desbarrières, directrice diocésaine de l'Enseignement catholique des Hauts-de-Seine,
- Pierre Merle, sociologue, auteur de « L'enseignement privé » (éditions La Découverte).