À Liévin, le nouveau maire RN supprime la cérémonie du 1er-Mai avec les syndicats

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Chevalement du puits no 3 bis de la fosse no 3, à Liévin.
Chevalement du puits no 3 bis de la fosse no 3, à Liévin. (Crédit photo : lilas59 - Flickr CC)
par Ivan Valerio, le Jeudi 23 avril 2026 à 09:34, mis à jour le Jeudi 23 avril 2026 à 09:46

À Liévin, le nouveau maire RN supprime la cérémonie du 1er-Mai en mairie avec les syndicats, accusés de "propagande", tout en maintenant l’hommage aux mineurs. Une décision qui suscite de vives réactions politiques.

Le nouveau maire RN de Liévin (Pas-de-Calais) a décidé de supprimer une cérémonie organisée chaque 1er mai en mairie avec les syndicats, tout en maintenant un hommage aux mineurs, selon une information de France Inter.

Jusqu'à présent, le dépôt de gerbe en hommage aux mineurs était suivi d'une cérémonie à l'hôtel de ville, au cours de laquelle les organisations syndicales prenaient la parole à tour de rôle. Selon le maire Dany Paiva, celles-ci "sont là uniquement pour faire de la politique au niveau national" et de la "propagande".

"Cela n'a pas du tout lieu d'être, c'est pourquoi j'ai pris la décision de supprimer cette cérémonie", a ajouté l'édile de cette commune de 30.000 habitants marquée par son histoire minière, et notamment par un terrible coup de grisou en 1974, le plus meurtrier de l'après-guerre en France (42 mineurs morts). La remise des médailles aux travailleurs habituellement organisée à cette occasion "sera reportée dans l'année", a précisé le maire.

D'autres mesures polémiques

"Pendant que les maires insoumis mettent en place la gratuité de la cantine scolaire et prennent des arrêtés contre les expulsions locatives, un maire RN supprime la cérémonie d'hommage aux travailleurs. La honte", a réagi sur X le coordinateur national de La France insoumise Manuel Bompard.

Le Rassemblement national "veut vous empêcher de célébrer le 1er mai. Les macronistes préfèrent vous faire bosser. Ils adorent la 'valeur travail' mais ils détestent les travailleurs et leurs droits", a commenté le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, sur le même réseau social, en faisant allusion au projet du gouvernement d'ouvrir davantage le 1er mai au travail.

Dans les Hauts-de-France, d'autres mesures prises par les maires RN ont récemment fait l'objet de controverses. A Harnes, le nouveau maire RN a ainsi décidé à peine élu de retirer les drapeaux européen et ukrainien du fronton de la mairie, les remplaçant par des drapeaux tricolores. Il a aussi fait retirer un buste de Robespierre de la salle du conseil municipal, estimant que "le pire guillotineur de l'histoire française n'avait rien a y faire". Et à Grenay, une plaque qui faisait du militant libanais propalestinien Georges Ibrahim Abdallah, condamné à la perpétuité pour complicité dans les assassinats de deux diplomates tués en 1982, un citoyen d'honneur de la commune a été retirée par la nouvelle majorité RN.

(Avec AFP)