Adapter l'école au changement climatique : deux députées formulent leurs propositions

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par Soizic BONVARLET, le Mercredi 6 décembre 2023 à 16:10, mis à jour le Mercredi 6 décembre 2023 à 16:44

Les députées Graziella Melchior (Renaissance) et Francesca Pasquini (Écologiste) ont présenté ce mercredi les conclusions de la mission d'information sur l'adaptation de l'école aux enjeux climatiques. Leurs 109 préconisations vont de la rénovation des bâtiments à l'alimentation, en passant par le décalage des vacances scolaires.

Comment adapter l'école au défi climatique ? C'est la difficile question à laquelle ont tenté de répondre les députées Graziella Melchior (Renaissance) et Francesca Pasquini (Écologiste) dans le rapport qu'elles ont présenté ce mercredi 6 décembre. Adopté à l'unanimité par la commission des affaires culturelles de l'Assemblée, le texte, issu d'une quarantaine d'auditions et de neufs déplacements, propose plusieurs pistes d'adaptation. Des conclusions qui font "très largement l'objet d'un consensus" entre elles, ont indiqué les co-rapporteures, Graziella Melchior évoquant des préconisations "parfois ambitieuses, parfois disruptives peut-être, mais surtout de bon sens".

Nous devons dès maintenant agir (...) sinon la continuité du service public de l'éducation ne sera plus qu'un lointain souvenir. FrancesCa Pasquini (Écologiste)

Évoquant le caractère d'urgence des mesures à mettre en œuvre, Francesca Pasquini a elle estimé que l'école doit non seulement être préservée des effets du changement climatique, mais également "contribuer à [son] atténuation".

Bâti scolaire

Premier aspect de cette adaptation, le parc scolaire, et ce alors que 14% seulement de sa surface répond actuellement aux normes "bâtiments basse consommation" (BBC), selon les chiffres relayés par le rapport. Francesca Pasquini a indiqué la nécessité de "faire un état des lieux précis des besoins de rénovation du parc scolaire", avant de décupler la part du financement de cette rénovation.

Si Graziella Melchior a fait valoir les efforts de l'exécutif, au travers notamment du plan de relance et du Fonds vert à destination des collectivités pour encourager et financer la rénovation des bâtiments scolaires, elle a admis une certaine méconnaissance de la part des acteurs concernés quant aux aides qui peuvent leur être proposées. Et de préconiser la création d'un guichet unique "pour orienter les collectivités vers les bons interlocuteurs et les bonnes ressources".

Autre mesure formulée par le rapport : la végétalisation des cours d'école, visant à créer des îlots de fraîcheur au sein même des établissements, mais aussi, comme l'a indiqué Graziella Melchior, "pour reconnecter les enfants à la nature".

Alimentation et sobriété

Après avoir évoqué "le rôle fondamental" de l'école pour changer nos habitudes alimentaires, Francesca Pasquini a appelé des ses vœux une "végétalisation des assiettes", qualifiant d'"impérative" la réduction de la consommation de produits carnés. La députée écologiste propose aussi de faire évoluer la loi "pour que dès 2025, les cantines proposent a minima deux menus végétariens par semaine, ou, au choix, une alternative végétarienne quotidienne". Une divergence avec Graziella Melchior, qui prône "un rééquilibrage", sans aller aussi loin dans l'offre de repas sans viande. Le développement du bio et de l'approvisionnement local, ainsi que l'attention portée à la réduction des déchets, font en revanche consensus entre les deux élues.

Les co-rapporteures préconisent par ailleurs de "développer une culture de la sobriété à l'école". Pour ce faire, et dans une logique de réduction de l'usage des plastiques et d'économie circulaire, elles proposent de "rendre la gourde obligatoire, développer les collectes de fournitures usagées, interdire l'automaticité de la délivrance d'ordinateurs ou de tablettes par les collectivités".

Adapter les rythmes scolaires

Estimant que "les rythmes scolaires doivent être adaptés au dérèglement climatique", Francesa Pasquini a relayé la proposition du rapport visant à "limiter les cours pendant les périodes les plus propices aux épisodes caniculaires, en allongeant les vacances estivales et en regroupant les examens nationaux sur les matinées".

Nous proposons de fixer un objectif d'une demi-journée par semaine consacrée à la classe dehors. Graziella Melchior (Renaissance)

Le rapport propose également de ritualiser, de manière hebdomadaire, une demi-journée de classe à l'extérieur, par exemple en forêt. Une mesure qui n'a pas suscité d'unanimité, Bénédicte Auzanot (Rassemblement national), admettant la nécessité d'"adapter l'école à son environnement, mais en gardant à l'esprit que le but de l'école est d'apprendre à lire, écrire et compter". "On ne retire pas de temps aux fondamentaux", a répondu Francesca Pasquini, précisant que durant les "classes dehors", "on peut tout aussi bien travailler le Français comme les mathématiques (...) appliqués à des enseignements concrets et pratiques".

Graziella Melchior a également indiqué la double-nécessité de penser une éducation au développement durable enseignée de manière "transversale", au travers des différentes matières, et de renforcer la formation des enseignants en la matière.

Un dernier volet du rapport est consacré aux mobilités, et ce alors que la majorité des élèves se rend à l'école via un véhicule thermique individuel. Les co-rapporteures appellent ainsi de leurs vœux la généralisation des pistes cyclables ainsi que des "rues aux écoles", fermées à la circulation, tout comme la gratuité des transports scolaires pour tous.