Les annonces du Premier ministre sur le budget 2026, faites ce vendredi 16 janvier, semblent ouvrir la porte à un "compromis" avec les députés du Parti socialiste. Au contraire, le Rassemblement national et La France insoumise promettent de censurer le gouvernement. Tandis que Les Républicains appellent à la "prudence".
Pour le Parti socialiste, les annonces de Sébastien Lecornu sont "une bonne base de négociation". Dans une allocution prononcée ce vendredi, le Premier ministre a fait une série de propositions pour doter la France d'un budget. Si le Rassemblement national et La France insoumise menacent le gouvernement de censure, les députés socialistes, eux, ouvrent la porte à un accord de "compromis".
Le porte-parole du groupe Socialistes, Romain Eskenazi, a salué ce vendredi soir sur le plateau de LCP la reprise par le gouvernement des repas étudiants à 1 euro, une disposition qui avait été adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale, en janvier 2025, à l'initiative du groupe socialiste. Selon lui, Sébastien Lecornu a "coché les cases" sur la partie "dépenses" du budget.
"Le Premier ministre a été un peu discret sur la partie recettes", a toutefois précisé Romain Eskenazi. "Plusieurs points nécessitent encore des échanges avec le gouvernement", estime le président du groupe Socialistes, Boris Vallaud, dans un message posté ce vendredi sur X. En cas d'accord, les députés PS ont une "très nette préférence pour le 49.3", a précisé Romain Eskenazi : "Les ordonnances seraient la plus mauvaise des solutions", a affirmé le député, alors que son collègue Philippe Brun a qualifié jeudi cette hypothèse de "forfaiture démocratique".
Les annonces du Premier ministre ont été saluées sur les réseaux sociaux par les députés Ensemble pour la République Olivia Grégoire et Paul Midy. Ce dernier s'est notamment "réjoui" que Sébastien Lecornu ait choisi "ne pas augmenter le coût du travail" et de "ne pas augmenter les impôts des travailleurs".
Le vice-président du parti Les Républicains, Geoffroy Didier, semble nettement moins emballé : "Il y a des choses bien dans ce budget", a-t-il déclaré sur BFMTV, avant de regretter un discours "très flou ou silencieux sur les recettes". "Je n'ai pas vu d'économies budgétaires", a complété Geoffroy Didier, qui "appelle la droite à la plus grande prudence".
Dans son allocution, Sébastien Lecornu a ciblé les députés du Rassemblement national et de La France insoumise, accusés de "cynisme" mais aussi d'avoir "choisi le blocage". Une position dénoncée ce vendredi soir par le président de la commission des finances, Eric Coquerel : "Ceux qui bloquent, ce sont ceux qui ont bloqué le débat budgétaire hier", a réagi le député LFI sur le plateau de BFMTV.
L'élu, qui critique le "cynisme absolu" du Premier ministre, dénonce l'"entourloupe" de l'annonce des repas à 1 euro pour les étudiants : si d'un côté cette mesure coûtera "environ 100 millions d'euros", d'un autre côté "le budget sur la vie étudiante baisse de 200 millions d'euros en deux ans", a estimé le député de Seine-Saint-Denis.
L'élu ajoute que son groupe, "évidemment", tentera de censurer le gouvernement. "Le budget doit servir au pays, il doit servir au peuple et ce n'est pas le cas, voilà pourquoi il doit être rejeté et que M. Lecornu doit partir", a confirmé la députée LFI Danièle Obono, sur le plateau de LCP.
"M. le Premier ministre ment et fait un peu honte à sa fonction", a pour sa part dénoncé Jean-Philippe Tanguy, sur BFMTV. Le chef de file des députés Rassemblement national sur le budget a rappelé que le RN et les Insoumis "ne peuvent pas bloquer le débat budgétaire" puisque "les macronistes, le PS et la Droite républicaine" représentent "52% des députés". Le député de la Somme a par ailleurs mis en doute la sincérité des annonces faites par le Premier ministre : "Où sont les économies annoncées par M. Lecornu ce soir ?", a-t-il demandé.
En meeting à Marseille ce vendredi soir, la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, Marine Le Pen, a ciblé le Premier ministre, renommé "Caliméro Lecornu" : "Il vient de découvrir quelque chose d'absolument terrible, l'opposition s'oppose, l'eau mouille aussi", a-t-elle ironisé. "Ils n'ont pas de majorité", a ajouté l'élue du Pas-de-Calais, qui s'est une nouvelle fois prononcé pour un retour aux urnes.