Travail, fiscalité, logement... Les annonces de Sébastien Lecornu pour son "budget de compromis"

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Sébastien Lecornu LCP 16/01/2026
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, devant le perron de Matignon, le 16 janvier 2026 (© LCP)
par Raphaël Marchal, le Vendredi 16 janvier 2026 à 20:15

Le Premier ministre a dévoilé lors d'une allocution prononcée à Matignon, ce vendredi 16 janvier, les propositions qu'il veut intégrer à un "budget de compromis", destiné à "rassembler". A ce stade, Sébastien Lecornu n'a en revanche pas annoncé s'il privilégiait le recours au 49.3 ou la voie des ordonnances. 

Au crépuscule de la séquence budgétaire, Sébastien Lecornu a tenu à faire une confession : il ressent une "une réelle déception, mais aussi de l’inquiétude à voir une partie de la classe politique préférer le blocage au travail". Lors d'une allocution prononcée depuis Matignon ce vendredi 16 janvier, moins de 24 heures après l'interruption des travaux budgétaires à l'Assemblée nationale en nouvelle lecture, le Premier ministre a fait part de sa "tristesse" à voir que sa méthode n'avait permis de faire atterrir qu'un seul des deux textes budgétaires, à savoir le budget de la Sécurité sociale.

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Concernant le budget de l'Etat, le Premier ministre, constatant un "blocage" dont il attribue la responsabilité avant tout à La France insoumise et au Rassemblement national, s'est résolu à bâtir un "compromis" en dehors de l'hémicycle. Ce budget, qui sera "différent du budget initial", sera aussi "meilleur", "responsable" et susceptible de "rassembler", a-t-il revendiqué, avant d'en détailler les principales orientations.

Soutien au travail et au pouvoir d'achat 

"C’est le travail qui doit augmenter le pouvoir d’achat des Français", a-t-il affirmé, revenant sur une "erreur" du texte initial, qui prévoyait de réduire la prime d'activité. Celle-ci sera au contraire réformée, pour que les ménages qui gagnent le Smic ou un peu plus soient garantis de toucher 50 euros supplémentaires en moyenne. Cette annonce répond notamment à une demande des députés socialistes.

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En outre, le barème de l'impôt sera indexé sur l'inflation. Sébastien Lecornu s'est également engagé sur une réforme des allocations de solidarité, par la création d'une "allocation sociale unifiée". "Nous ne toucherons pas aux allégements de charges", a par ailleurs indiqué le Premier ministre, concluant cette série de mesures susceptibles de plaire à la droite et à au camp présidentiel.

En parallèle, le Premier ministre a confirmé l'abandon de la fiscalisation des indemnités pour affection longue durée (ALD), ou de la réforme de la niche fiscale des retraités - deux mesures qui ne pouvaient d'ores et déjà plus s'appliquer pour 2026 pour des raisons calendaires. "Il n’y aura aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages", a poursuivi Sébastien Lecornu, appelant toutefois à se battre contre la "fraude et la sur-optimisation fiscale".

Repas universitaires à 1 euro

Parmi les orientations dévoilées ce vendredi, figurent aussi des mesures pour la jeunesse, dont la généralisation des repas à un euro dans les restaurants universitaires - une mesure demandée par les socialistes. 2 000 postes supplémentaires seront créés dans l'Education nationale, dont des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH).

 

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Sébastien Lecornu a, par ailleurs, évoqué des mesures concernant le logement, ce poste qui "ampute de plus en plus le pouvoir d’achat des ménages". 400 millions d'euros supplémentaires seront alloués aux bailleurs sociaux. En parallèle, "les bases d'un statut du bailleur privé", qui figurait dans le texte en discussion, seront posées. Le dispositif MaPrimeRénov', "utile", sera maintenu, mais avec la garantie de davantage lutter contre les fraudes et les abus.

Toutes ces mesures supplémentaires n'empêcheront pas le gouvernement de conserver le cap initial : celui de réaliser des "économies structurelles", a assuré le locataire de Matignon, désireux de conserver l'objectif de ne pas dépasser les 5 % de déficit public. "Pour la première fois, les dépenses des ministères, en euro courant, seront inférieures à celles de l’année dernière", a-t-il souligné. Avant d'appeler à une "réforme de l’État et de la décentralisation".

Une nouvelle loi de programmation militaire

Enfin, malgré le contexte économique, certains ministères verront leurs crédits augmenter. C'est, sans surprise, le cas du ministère des Armées. "La situation internationale l’exige et commande de nous donner les moyens de notre autonomie", a soutenu Sébastien Lecornu, qui a annoncé le vote d'une nouvelle loi de programmation militaire "avant le 14 juillet".

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Même sort concernant les crédits de la police, de la gendarmerie et de la justice, au nom de la lutte contre le narcotrafic. Par ailleurs, le fonds vert, qui doit permettre d'engager de nouveaux projets de transition écologique à l'échelle locale, bénéficiera aussi d'une rallonge.

Un véhicule encore inconnu

D'autres mesures, corrections et ajustements viendront dans les prochains jours, a indiqué le Premier ministre. Qui est, en revanche, resté muet sur l'un des sujets les plus attendus : par quel biais le gouvernement compte-t-il mettre en œuvre ce "budget de compromis" ? Deux scénarios sont en balance, un 49.3 négocié, ou des ordonnances budgétaires ?Chacune des deux solutions présentant avantages, inconvénients et incertitudes. 

"Rien n'est exclu" à ce stade, a commenté sur BFMTV la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Sur ce point, comme sur d'autres mesures clivantes contenues dans le projet de budget, les réflexions et négociations se poursuivront ce week-end.