Les parlementaires n'ont pas empêché, ce mercredi 20 mai, le choix d'Emmanuel Macron qui a choisi son ancien secrétaire général à l'Elysée, Emmanuel Moulin, pour prendre la tête de la Banque de France. Il succédera donc à François Villeroy de Galhau. La proposition du chef de l'Etat a obtenu moins de voix "pour" que de voix "contre", mais pas suffisamment pour bloquer cette nomination.
C'est fait. La nomination d'Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France a obtenu, ce mercredi, le feu vert des députés et des sénateurs. Après avoir été auditionné par les commissions des finances des deux Chambres du Parlement, l'ancien secrétaire général de l'Elysée a recueilli 52 voix "pour" et 58 voix "contre" son arrivée au poste de gouverneur. Un feu vert... mitigé, donc. Mais pour empêcher cette nomination, les opposants devaient - comme le prévoit la Constitution - réunir au moins les 3/5e des suffrages exprimés par l'ensemble des élus siégeant au sein des deux commissions. Un seuil qui n'a pas été atteint.
Selon le décompte annoncé par le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, Eric Coquerel (La France insoumise), 25 députés se sont prononcés "pour" la nomination et 46 "contre" (71 exprimés et un nul). Au Sénat, il y a eu 27 "pour" et 12 "contre" (39 exprimés et 4 nuls). Ce qui donne un total de 110 votes exprimés (et 5 nuls). Pour atteindre les 3/5e et bloquer la nomination, le seuil des voix nécessaires était de 66.
"Je me tiens devant vous en homme libre, en homme du service public, [...] et qui s'engage à exercer ses fonctions en toute indépendance et impartialité, tant à l'égard du pouvoir exécutif que des intérêts privés", avait déclaré Emmanuel Moulin, plus tôt dans la journée, lors de son propos introductif devant les députés. "Jamais je n'ai abdiqué ni mes convictions, ni ma liberté de penser, ni mon indépendance", avait-il ajouté, affirmant avoir pour "l'intérêt général pour constante boussole" (voir la vidéo en tête d'article).
Après cette validation parlementaire, Emmanuel Moulin va pouvoir succéder à François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France.
Lors de cette audition, le président de la commission des finances, Eric Coquerel (LFI), a redit son opposition à la nomination d'Emmanuel Moulin et expliqué pourquoi. "Non pas par rapport à votre personne, ni même vos compétences, [...] mais bien parce que vous avez exercé des fonctions politiques", a développé le député. "Vous venez de quitter vos fonctions à l'Elysée, il y a un moins d'un mois", a-t-il renchéri.
Réponse de l'intéressé : "Je ne me suis jamais présenté à aucune élection. [...] Je ne pense pas que ma carrière soit uniquement liée à celle du président actuel."
Emmanuel Moulin a également été interrogé par Philippe Brun (Socialistes) sur sa proximité avec un ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, qui a "fait campagne" pour celui qui était son conseiller entre 2009 et 2012, "en appelant un certain nombre de membres de cette commission". "Je ne sais pas si Monsieur Sarkozy a fait campagne pour moi, je l'ignore totalement", a assuré le futur gouverneur de la Banque de France, provoquant les rires de certains députés.
Questionné par le député PS sur la possibilité de se déporter sur certains sujets en lien avec ses récentes fonctions à l'Elysée, Emmanuel Moulin a indiqué qu'il avait du "mal à concevoir" comment un tel mécanisme s'exercerait entre deux institutions publiques. Il a toutefois ajouté qu'il respecterait les préconisations du déontologue de la Banque de France en la matière.