Invité de Lundi C'est Politique, le président du CESE, Thierry Beaudet, dont le nom avait un temps circulé pour Matignon, s'est dit pessimiste quant à la possibilité que le pays se dote d'un budget avant les élections municipales de mars 2026. Il a notamment craint que l'Assemblée nationale s'avère, dans un contexte électoral, "un terrain d'affrontements plutôt qu'un terrain d'entente".
"Moins optimiste que le gouvernement". Telle est la prédiction du président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Thierry Beaudet, quant à la capacité pour la France de se doter d'un budget digne de ce nom.
"Je ne vois pas quelles sont les conditions nouvelles qui en janvier, permettraient d'aboutir alors que l'on n'a pas abouti en fin d'année", a ainsi expliqué celui dont le nom avait été cité en septembre 2024 pour succéder à Gabriel Attal à Matignon. Le président du CESE a notamment évoqué "la proximité des échéances électorales" qui selon lui, pourraient amener un certain nombres d'élus à "avoir des positions qui visent principalement à parler à leur base militante", et l'Assemblée nationale à constituer "un terrain d'affrontements plutôt qu'un terrain d'entente".
Espérant être démenti par les faits, Thierry Beaudet a redouté la "surenchère politique" et craint "qu'il n'y ait pas de budget avant les Municipales", faute d'accord trouvé entre les parlementaires. Il a par ailleurs regretté qu'à ce jour, les "grandes priorités" sur les choix budgétaires à venir n'aient selon lui pas été clairement fixées, avant de rappeler la nécessité du vote d'un budget en bonne et due forme pour le pays.
La France a besoin d'un budget. C'est la prérogative des parlementaires, à eux de montrer que la démocratie n'est pas qu'un sport de combat. Thierry Beaudet, président du CESE
Plus généralement, Thierry Beaudet s'est dit "très frappé d'un monde politique qui fonctionne en vase clos". Estimant que dans "une démocratie moderne", les responsables politiques devraient "davantage écouter les Français et les corps intermédiaires", il a notamment plaidé pour un recours plus régulier aux conventions citoyennes et à l'outil référendaire.
Sur les menaces, notamment budgétaires, pesant sur l'institution que Thierry Beaudet présidera jusqu'au mois d'avril, date de la fin de son mandat, ce dernier a estimé que cela reviendrait à se passer "des propositions de la société civile organisée". Tout en estimant que la question des économies était légitime, il a déploré que certaines des propositions des parlementaires reviennent à "empêcher le CESE de fonctionner", remettant en cause son existence même.