Il y a six ans, le scrutin municipal s'était déroulé dans un contexte particulier : la France faisait face à l'épidémie de Covid-19. L'élection avait enregistré une abstention record. Au lendemain du premier tour, Emmanuel Macron annonçait un confinement général de la population. Et le second tour s'était tenu trois mois plus tard.
C'était il y a six ans, quasiment jour pour jour. Le dimanche 15 mars 2020, les Français étaient appelés à se déplacer aux urnes pour le premier tour des élections municipales. Sauf que le pays faisait face à une épidémie de Covid en augmentation, avec une "intensification de la transmission sur l'ensemble du territoire", selon les mots de Santé publique France. La veille, le Premier ministre de l'époque, Édouard Philippe, avait toutefois confirmé la tenue du scrutin, qui "pouvait se dérouler en respectant strictement les consignes de distanciation et de priorisation des personnes âgées et des personnes fragiles".
Reprenant les propos tenus par Emmanuel Macron le 12 mars, le chef du gouvernement indiquait aussi que la fermeture "de tous les lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays" débuterait à minuit et rappelait que les établissements scolaires n'ouvriraient pas le lundi 16 mars. Et ce, jusqu'à nouvel ordre. La France était passée "au stade 3" de l’épidémie.
Dans ce contexte sanitaire dégradé, les bureaux de vote avaient dû s'adapter, pour permettre aux Français de se déplacer en toute sécurité, sans risquer d'être contaminés. Parmi les mesures prises, comme le montrent ces vidéos tournées par l'AFP (en tête d'article) et par France 3 (ci-dessous) le jour du premier tour en Corse et en Loire-Atlantique : marquage au sol pour les files d'attente, nettoyage régulier des urnes et des stylos, point de lavage des mains ou gel hydroalcoolique...
Alors ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, pour qui "voter est sans danger", avait envoyé aux mairies une circulaire détaillant les mesures d'hygiène à prendre. A l'époque, le port du masque n'est pas encore recommandé ; au contraire même, celui-ci ne doit pas empêcher l'identification de l'électeur.
A l'époque, et sans surprise, le scrutin avait été marqué par une abstention record, de 55,3% au premier tour, soit près de 20 points de plus que lors de la précédente élection municipale en 2014 (il était alors de 36,4% au premier tour). Moins d'un électeur sur deux s'étaient déplacés dans les bureaux de vote.
Le lundi 16 mars, dans une nouvelle allocution télévisée, Emmanuel Macron annonçait cette fois qu'un confinement, "pour réduire nos déplacements et nos contacts au strict nécessaire", débuterait le mardi à midi. "Nous sommes en guerre", lançait alors le chef de l’État. Le second tour des élections municipales, initialement prévu pour se tenir le dimanche 22 mars 2020, sera, de son côté, "reporté". Au final, il se tiendra le dimanche 28 juin, plus de trois mois plus tard. Avec un taux d'abstention encore plus élevé (58,4%).