Budget 2026: vers un nouveau bras de fer à l’Assemblée? Coquerel réclame un texte d’urgence rectificatif

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Eric Coquerel 10/01/2026
Le président LFI de la commission des finances, Eric Coquerel, le 10 janvier 2026 (© LCP)
par Ivan Valerio, le Mardi 21 avril 2026 à 10:18, mis à jour le Mardi 21 avril 2026 à 10:37

Le gouvernement dévoile ce mardi des mesures d'économies supplémentaires pour faire face à l'effet de la guerre au Moyen-Orient, dont l'impact est estimé entre 4 et 6 milliards d'euros. Le président de la commission des Finances, Eric Coquerel (LFI) réclame une loi de finances rectificative. 

L'adoption du Budget 2026 s'est faite dans la douleur. Et si les députés devaient de nouveau plancher sur un texte budgétaire dans les prochains mois ? C'est ce que réclame le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Eric Coquerel (LFI). 

Alors que se tient ce mardi matin un comité d'alerte des finances publiques à Bercy, "je vais exiger un projet de loi de finances rectificative", expliquait le député de Seine-Saint-Denis lundi sur TF1. "Je ne suis pas pour couper dans les dépenses mais pour plus de recettes, par exemple, par une taxe sur les grandes entreprises", précisait-il. 

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Ce mardi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à son gouvernement de mettre en oeuvre pour 4 milliards d'euros de "mesures supplémentaires de freinage de la dépense", dans un courrier adressé à ses ministres. Notamment pour faire face aux effets sur l'économie de la guerre au Moyen-Orient. 

Le rapporteur du budget préfère la voie réglementaire

En fin de journée, le chef du gouvernement doit annoncer le prolongement de mesures déjà en place concernant les aides au carburant, et "peut-être d'autres idées", a indiqué Roland Lescure sur RTL ce mardi

Le ministre des Comptes publics prévient également que "toute dépense publique nouvelle qui pourrait être rendue nécessaire par la crise" énergétique entraînerait "une annulation d'une dépense qui était prévue, à l'euro près", afin de "tenir (les) objectifs pour 2026".

Sous l'effet de la crise énergétique, le gouvernement de Sébastien Lecornu a par ailleurs dû revoir à la baisse la semaine dernière sa prévision de croissance, à 0,9% en 2026 (contre 1% prévu avant) et en hausse sa prévision d'inflation, à 1,9% (contre 1,3% auparavant).

Eric Coquerel s'est montré critique face à ces perspectives. Cela aura "un effet récessif garanti sur l'économie, la croissance et les rentrées fiscales. C'est injuste et stupide économiquement", a-t-il écrit sur X, estimant que l'Assemblée nationale "a le droit d'en débattre" et demandant un projet de loi de finances rectificative.

Pour l'instant, un texte rectificatif pas obligatoire

Le gouvernement, lui, ne souhaite pas rouvrir un débat parlementaire sur le budget. Et rien ne lui impose, à ce stade. L'exécutif dispose d'une marge de manœuvre sans passer par le Parlement, même en cas de dégradation économique. Il peut tailler en effet dans les dépenses par simple décret. Mais ce pouvoir a ses limites. La loi organique relative aux finances publiques plafonne ces annulations à 1,5 % des crédits votés en loi de finances,  soit environ 12 milliards d'euros, comme l'explique Le Monde. Passé ce seuil, l'exécutif n'a plus le choix et il devra soumettre un budget rectificatif au vote des parlementaires.

De son côté, Philippe Juvin, député LR et rapporteur général du budget, juge qu'il faudrait aller plus loin dans les économies et estime dans Le Figaro qu'il faudrait trouver 8 milliards d'euros. "Comme lors des précédents débats budgétaires, je plaide pour une politique du 'rabot', c’est-à-dire de couper en moyenne 2 % des crédits de chaque ministère (hors régaliens)", indique-t-il. 

Dans ce cas là, pas nécessaire selon lui de passer par la voie parlementaire pour faire adopter ces mesures. "Cela peut se faire par voie réglementaire, donc sans se heurter à l’opposition de l’Assemblée", défend le député LR.