La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a plaidé ce jeudi 9 juillet pour la négociation d'un budget "raisonnable" et "responsable" entre le gouvernement et les groupes politiques du Palais-Bourbon, afin d'éviter de longues semaines de débats parlementaires et alors que le budget 2027 aura vocation à être revu et corrigé en fonction du résultat de l'élection présidentielle.
"On est le seul pays au monde à passer trois mois à discuter dans l'hémicycle de la moindre taxe et de la moindre ligne du budget de la Nation". Ce jeudi, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun Pivet, a jugé nécessaire de réformer "profondément" la procédure budgétaire, lors d'une conférence de presse de l'Association des journalistes parlementaires. En novembre dernier déjà, elle avait plaidé pour "entreprendre une grande réforme de la procédure budgétaire, afin de favoriser le compromis, de débattre et de voter dans de meilleures conditions à l’avenir".
Mais alors que l'élection présidentielle approche et qu'il n'est pas envisageable de réformer "à très court terme" la Constitution, la députée des Yvelines suggère, dans un premier temps, de ne pas laisser s'éterniser les débats à l'automne prochain en "proposant au gouvernement de faire un 49.3 assez rapide".
Yaël Braun-Pivet estime que pour mener à bien cette entreprise - sans risquer une censure - le gouvernement devra négocier en amont le contenu d'un budget "raisonnable" et "responsable" avec "l'ensemble des groupes politiques présents à l'Assemblée nationale". Elle considère toutefois que ce budget devra notamment "permettre de garder le cap de la réduction de la dette".
Je suis plutôt opposée d'habitude au 49.3, mais là on est dans des circonstances particulières. Yaël Braun-Pivet
Reliant l'enjeu et la procédure, la présidente de l'Assemblée nationale estime nécessaire qu'un budget soit adopté, afin de ne pas "obérer la capacité qu'aura le prochain gouvernement à faire une loi de finances rectificative" pour mettre en œuvre les premières réformes qui seront décidées après l'élection d'un nouveau chef de l'État. Or, pour cela, "il faut un projet de loi initial", a-t-elle expliqué, avant de souligner : "Je suis plutôt opposée d'habitude au 49.3, mais là on est dans des circonstances particulières".
Et Yaël Braun-Pivet de déclarer, en forme de mise en garde : "Je n'ose pas imaginer une seule seconde qu'un candidat à l'élection présidentielle (...) mettrait la Nation dans le chaos en la privant d'un budget six mois avant l'élection présidentielle, il n'y a pas de cohérence."
Par ailleurs, la présidente de l'Assemblée nationale estime qu'un 49.3, qui permettrait de ne pas passer l'essentiel de l'automne sur un budget somme toute provisoire, aurait l'avantage de "libérer du temps parlementaire" pour étudier d'autres textes comme, par exemple, la proposition de loi intégrale contre violences sexuelles et sexistes faites aux enfants et aux femmes.