Le budget 2026 a été définitivement adopté, ce lundi 2 février au soir, après le rejet des deux dernières motions de censure qui avaient été déposées à l'Assemblée nationale, l'une par la gauche hors PS, l'autre par le RN et l'UDR. En réponse à ces motions, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a accusé les oppositions, particulièrement le RN et LFI, d'avoir "saboté" le débat budgétaire.
"Il est temps désormais de passer à autre chose." Lundi soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a vivement attaqué les oppositions dont les motions de censure, déposées après l'utilisation d'un ultime 49.3 par le gouvernement sur le budget 2026, ont été rejetées par l'Assemblée nationale. Selon lui, les groupes du Rassemblement national et de la France insoumise ont "méthodiquement tout bloqué, tout saboté pendant quatre mois".
Sébastien Lecornu a directement mis en cause les deux groupes, les estimant responsables de "cette situation de blocage absolument lamentable". "Cette séance marque la plus grande déconnexion que l'on puisse avoir dans les propos tenus avec ce que ressentent nos concitoyennes et nos concitoyens", a ajouté le locataire de Matignon, qui a aussi évoqué la "situation internationale".
Il était certain que c'était le meilleur moment pour bloquer le pays, le meilleur moment pour prendre en otage ces discussions budgétaires ! Sébastien Lecornu
"Vous aurez devant l'histoire à en répondre !", a lancé Sébastien Lecornu, qui a dénoncé les "manoeuvres politiciennes" des oppositions. Le chef du gouvernement a également regretté l'utilisation d'arguments "qui sont complètement faux" et de chiffres "complètement mensongers."
"Il y a une ambiance politicienne dans ces débats car ça sent bon la campagne des élections municipales, ça sent déjà bon la campagne des élections présidentielles", a encore fustigé le Premier ministre, qui assure que "tout est bon pour tromper le peuple français".
Quelques minutes plus tôt, le président des députés Gauche démocrate et républicaine, Stéphane Peu, avait défendu la motion de censure déposée par son groupe, ainsi que par les députés insoumis et écologistes. "Nous censurons la continuité d'un système fiscal qui protège le capital plutôt que le travail contre l'avis d'une majorité de Français", avait expliqué l'élu communiste. La motion a été rejetée, ne recueillant que 260 voix sur les 289 nécessaires.
"Le seul objectif que vous avez poursuivi mordicus, c'est d'empêcher le retour aux urnes, d'empêcher le retour devant le peuple", a pour sa part dénoncé le député Rassemblement national Gaëtan Dussausaye. A la tribune, c'est lui qui a présenté la motion de censure déposée par le groupe présidé par Marine Le Pen. Le texte a, lui aussi, été rejeté n'obtenant que 135 voix.
A l'issue des scrutins, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a salué l'adoption d'un budget de "compromis" et appelé les députés à la mobilisation dans les semaines à venir : "C'est de notre responsabilité qu'il se passe beaucoup de choses", a-t-elle expliqué. Yaël Braun-Pivet - qui a de nouveau regretté que les députés n'aient pas pu examiner dans l'hémicycle la partie "dépenses" du projet de loi de finances - a fait part de sa volonté de "modifier" les procédures budgétaires.