Budget 2026 : ce que contient le texte sur le point d'être définitivement adopté

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Sébastien Lecornu, le 23 janvier 2026.
Sébastien Lecornu, le 23 janvier 2026.
par Maxence Kagni, le Lundi 2 février 2026 à 12:30, mis à jour le Lundi 2 février 2026 à 12:50

A l'issue de l'examen - et du rejet attendu - de deux motions de censure ce lundi 2 février à l'Assemblée nationale, le projet de loi de finances pour 2026 sera considéré comme définitivement adopté. Mais au fait, que prévoit ce texte fondamental pour le fonctionnement du pays ? LCP.fr fait le point sur les grandes lignes du budget. 

C'est la fin d'un long processus parlementaire. Après le déclenchement du troisième et ultime 49.3 sur le projet de loi de finances (PLF), le budget 2026 est sur le point d'être définitivement adopté. LCP.fr vous explique ce que contient ce texte qualifié de "compromis" par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, et d'"imparfait" par le rapporteur général du budget à l'Assemblée nationale, Philippe Juvin (Droite républicaine). 

Il n'est le texte de personne ou plutôt un peu le texte de tout le monde. Sébastien Lecornu

Un déficit public ramené à 5%

En 2026, le déficit public français devrait être en 2026 de 131,9 milliards d'euros, une somme quasi stable par rapport à 2025, mais en baisse de 30 milliards par rapport à 2024.

Le gouvernement prévoyait initialement de ramener ce déficit à 4,7% du produit intérieur brut (PIB). Mais Matignon et Bercy ont réduit leurs ambitions en la matière, afin de permettre l'adoption du budget. Avec 9 milliards d'euros de nouvelles mesures ou d'abandon de coupes budgétaires, il est prévu que le déficit s'établisse à 5% du PIB cette année (contre 5,4% en 2025). 

Pour atteindre cet objectif, 12 milliards d'euros d'économies seront nécessaires. A terme, l'objectif reste de ramener le déficit public sous la barre des 3% en 2029.

Indexation du barème de l'impôt sur le revenu

Sur le volet recettes, le budget 2026 reconduit notamment la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises à hauteur de 7,3 milliards d'euros, un niveau presque similaire à l'année 2025. Dans la version initiale du texte, cette surtaxe ne devait rapporter que 4 milliards. La taxe sur les holdings patrimoniales, qui devait initialement rapporter 1 milliard d'euros a, quant à elle, été réduite et ne devrait rapporter que 100 millions d'euros.

Le projet de loi prolonge aussi la contribution différentielle sur les plus hauts revenus (CDHR) jusqu'à ce que le déficit passe sous la barre des 3% du produit intérieur brut. Cette taxe fixe un taux minimal d'imposition de 20% pour les ménages dont les revenus dépassent 250 000 euros par an pour un célibataire et 500 000 euros pour un couple. Par ailleurs, le gouvernement a fait le choix de ne pas revoir à la baisse la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE).

Enfin, contrairement au budget initial, le projet de loi de finances prévoit d'indexer le barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation pour l"ensemble des tranches et laisse aux retraités leur abattement de 10% sur cet impôt.

Hausse importante du budget des Armées

Concernant les dépenses, les crédits de la Défense augmentent de 6,5 milliards d'euros. "S'il n'y avait pas eu cette question militaire, j'aurais pu être tenté de laisser les débats se poursuivre encore", a d'ailleurs justifié le Premier ministre Sébastien Lecornu, mardi 27 janvier, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Globalement, les ministères régaliens (Armées, Education nationale, Intérieur, Justice) échappent aux coupes budgétaires. Une baisse du nombre d'enseignants, que le gouvernement justifié par l'évolution du nombre d'élèves, est cependant prévu. Alors qu'il était encore récemment prévu de supprimer 4 032 postes, cette baisse sera finalement 3 256 postes.

En revanche, d'autres ministères perdent des financements. Le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Eric Coquerel (La France insoumise), déplore en particulier des "coupes très importantes" dans plusieurs d'entre-eux comme la Cohésion des territoires, le Logement, l’Ecologie, le Sport, ou encore l'Aide au développement.

Le plan d'investissements France 2030 perdra, quant à lui, 1,1 milliard d'euros, tandis que le "Fonds vert", dont le but est d'"accélérer la transition écologique dans les territoires", voit son budget baisser : il passe de 1,15 milliard d'euros en 2025 à 850 millions en 2026. En revanche, le dispositif MaPrimeRenov, pour la rénovation thermique des logements énergivores, est maintenu.

Augmentation de la prime d'activité

Les socialistes, qui ont longuement négocié avec le gouvernement, revendiquent un certain nombre de concessions qui justifient, selon eux, leur choix de ne pas voter la censure : la revalorisation des aides personnalisées au logement (APL) sur l'inflation, une ponction des bailleurs sociaux réduite, ainsi que la généralisation des repas à 1 euro pour les étudiants. Cette dernière mesure coûtera 80 millions d'euros. 

Par ailleurs, la prime d'activité augmentera d'environ 50 euros par mois pour trois millions de ménages aux revenus modestes, pour un coût de 700 millions d'euros. En revanche, les étudiants extracommunautaires n'auront plus accès aux APL s'ils ne sont pas boursiers et les taxes sur le renouvellement des titres de séjour vont augmenter. Le budget 2026 prévoit aussi de réserver le financement du permis de conduire par le compte personnel de formation (CPF) aux seuls demandeurs d'emploi.