Après avoir engagé la responsabilité de son gouvernement sur la partie "recettes" du projet de loi de finances pour 2026, ce mardi 20 janvier, Sébastien Lecornu a adressé un courrier aux parlementaires. Le Premier ministre y souligne que le budget "ne sera ni celui du gouvernement, ni celui de tel ou tel groupe parlementaire", mais "le fruit d'un compromis qui a pu se bâtir autour de priorités claires".
"Des points de convergence responsables et indispensables pour le pays". C'est le constat dressé par Sébastien Lecornu, résultat selon lui "des discussions engagées entre le gouvernement et les groupes parlementaires qui ont fait le choix de travailler à un compromis". Une forme d'écho aux propos que le Premier ministre avait tenu dès lundi, estimant que le recours au 49.3 pour doter la France d'un budget était à la fois "semi-succès" et "semi-échec".
Dans ce courrier aux parlementaires, le locataire de Matignon répond à ceux qui le pressaient de révéler ce qui figurerait dans la copie finale du budget de l’Etat pour 2026, le 49.3 permettant au gouvernement de retenir les mesures de son choix. En l'occurrence celles faisant l'objet d'un compromis suffisamment large pour ne pas être censuré. Dans cette copie, figure notamment l'objectif d'un déficit public ramené à "5% en 2026". Le Premier ministre récuse, par ailleurs, le fait qu'il s'agisse d'"un budget technique sans cap", évoquant au contraire "des priorités politiques claires".
Huit axes prioritaires sont ainsi dévoilés, parmi lesquels "faire que le travail paie davantage" et "protéger les plus fragiles". Le maintien de la prime d'activité - et même sa hausse annoncée pour trois millions de ménages - est ainsi confirmé, ainsi que la revalorisation des prestations sociales. "Soutenir notre jeunesse" fait également partie des priorités affichées, avec le maintien des bourses universitaires et la généralisation du repas universitaire à un euro pour tous les étudiants "à compter du mois de mai". La création de 2000 postes supplémentaires au sein de l’Education nationale est également mentionnée.
La situation internationale commande de nous donner les moyens de notre autonomie. Sébastien Lecornu
Dans un contexte géopolitique particulièrement tendu, le Premier ministre réaffirme également la nécessité de "réarmer le pays face aux menaces extérieures", confirmant les 6 milliards d'euros supplémentaires octroyés à la Défense. Le Parlement planchera, en outre, sur une actualisation de la loi de programmation militaire "au printemps".
Souhaitant "tordre le cou à de nombreuses contre-vérités", le Premier ministre affirme qu'"il n'y aura aucune augmentation d'impôts pour les ménages". Pour ce qui est des entreprises, il indique que "300 groupes, dont le chiffre d'affaires est supérieur à 1,5 milliard d'euros, s'acquitteront (...) d'une surtaxe d'impôt sur les sociétés", évoquant pour l’Etat "7,5 milliards de recettes supplémentaires (contre 8 milliards en 2025)". A noter que les députés n'étaient pas parvenus à s'entendre sur le montant de cette taxe, qui n'avait en conséquence pas été votée à l'Assemblée nationale lors de la nouvelle lecture du projet de loi de finances.
Par ce courrier, Sébastien Lecornu confirme ses engagements auprès des groupes politiques qui n'avaient pas fermé la porte au compromis qu'il appelait de ses vœux sur le budget. Prochaine étape après le recours au 49.3 ce mardi : l'examen, vendredi, des motions de censure annoncées par les députés du Rassemblement national, ainsi que par les députés de gauche à l'exception de ceux du Parti socialiste.