La motion de censure des députés écologistes, présentée avec l'appui des insoumis, n'a recueilli que 132 voix sur les 289 nécessaires pour faire tomber le gouvernement Lecornu. Défendant la motion à la tribune de l'Assemblée nationale, ce lundi 6 juillet, Marie-Charlotte Garin (Écologiste et social) a accusé l'exécutif d'inaction en matière climatique.
Sans surprise, l'Assemblée nationale a rejeté, ce lundi, la motion de censure du gouvernement de Sébastien Lecornu. Le texte a recueilli 132 voix, loin des 289 requises pour faire chuter le gouvernement. La motion a fait le plein chez les insoumis, les écologistes. Mais pas chez les socialistes, seulement 20 députés sur 68, dont le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, ayant approuvé la censure. De son côté, le RN n'a pas votée la motion, Sébastien Chenu fustigeant l'exécutif, mais aussi la "nullité et l'inutilité" des écologistes (détail du scrutin à consulter ici).
Déposée jeudi dernier avec l'appui de La France insoumise, cette motion reprochait au gouvernement de ne pas agir face au dérèglement climatique et de ne pas avoir préparé la France à l'épisode caniculaire du mois de juin. "La canicule a ce génie funeste ; elle tue, en laissant toujours à ses victimes juste assez de responsabilité pour qu'on ne parle jamais des vrais coupables, et c'est votre politique", a cinglé la députée écologiste Marie-Charlotte Garin, jugeant l'exécutif "coupable" de par ses politiques environnementales.
"Depuis 2017, le rythme de baisse des émissions de gaz à effet de serre a été multiplié par cinq par rapport à la période précédente. Ce n'est pas encore assez, mais ce n'est pas rien", s'est défendu le Premier ministre à la tribune, accusant ses opposants "d'instrumentaliser" les victimes de la canicule. "Accuser le gouvernement 'd'avoir des morts sur la conscience' n'est pas une alerte, c'est une faute", a -t-il déclaré.
Sébastien Lecornu a lancé des pistes de réflexion pour que la France affronte mieux les prochaines vagues de chaleur, à court et à plus long termes, plaidant pour un recentrage du fonds vert, ainsi que pour un meilleur repérage des personnes isolées, et appelant à une plus grande solidarité. "La puissance publique ne pourra jamais tout", a-t-il professé.
Le chef du gouvernement a, par ailleurs, fait part de ses doutes quant à l'ambition véritable de la motion de censure. Elle "vise à éprouver les rapports de force à gauche" et à "distribuer des brevets d'opposition avant l'élection présidentielle", a-t-il jugé. "Personne n'est dupe. Cette motion ne protégera pas une personne âgée isolée, ne rafraîchira pas une chambre d'hôpital. [...] Une motion de censure n'est ni un communiqué de presse, ni un instrument de campagne électorale."