Carburants : vers une remise de 30 centimes par litre après l'accord trouvé entre l'exécutif et Les Républicains

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par Raphaël Marchal, le Samedi 23 juillet 2022 à 18:30, mis à jour le Jeudi 28 juillet 2022 à 15:44

Alors que les députés Les Républicains défendaient le blocage des prix à la pompe à 1,50 euro par litre, un compromis a finalement été trouvé avec l'exécutif ce samedi. Le ministre de l'Économie s'est engagé à augmenter la remise sur le prix de l'essence, la portant de 18 à 30 centimes par litre jusqu'en octobre. Bruno Le Maire a également annoncé le report de l'indemnité transport.

Le compromis tant vanté a fini par arriver. Et c'est sur l'un des sujets les plus attendus des Français qu'il a eu lieu : le prix des carburants.  C'était aussi l'un des points de friction entre Les Républicains et l'exécutif sur les mesures de soutien au pouvoir d'achat. Début avril, alors que les prix à la pompe flambaient, le gouvernement avait mis en place dans l'urgence une remise de 18 centimes d'euro par litre. Une mesure temporaire, que l'exécutif voulait remplacer à la rentrée par un dispositif plus ciblé, un chèque favorisant uniquement les gros rouleurs.

Un chiffon rouge pour Les Républicains, qui défendaient pour leur part un blocage des prix à la pompe à 1,50 euro le litre, souhaitant notamment ne pas pénaliser les classes moyennes. "Cette baisse doit profiter à tous les Français de manière indifférenciée", a encore répété ce samedi Véronique Louwagie, au cours de l'examen du projet de loi de finances rectificative pour 2022. Constant, Bruno Le Maire a répété à l'envi à quel point cette mesure serait désastreuse pour les finances publiques, la jugeant inapplicable.

30 centimes par litre

Soucieux de trouver un compromis, le ministre de l'Économie a tendu la main à la droite, en lui faisant trois propositions. Premièrement, le report du chèque carburant, "trop complexe à mettre en œuvre". Deuxièmement, une aide spécifique pour les petites stations-service indépendantes situées en zone rurale. Et, au coeur de l'accord, une hausse de la ristourne consentie par l’État, qui passerait de 18 à 30 centimes d'euro par litre, pour les mois de septembre et d'octobre, avant de retomber à 10 centimes jusqu'en décembre. Couplée à une remise de 20 centimes d'euro promise par Total pour les mois de septembre et octobre, la réduction totale approcherait donc la fameuse ligne rouge des 1,50 euro par litre souhaitée par Les Républicains. Convaincue par le ministre, Véronique Louwagie a retiré son amendement. "Les Français pourront nous remercier d'avoir persisté", a commenté l'élue LR.

"Quelle surprise !"

Ce compromis entre l'exécutif et Les Républicains a été diversement accueilli sur les bancs de l'Assemblée. "Ce qui est en train de se passer c'est la force d'un véritable débat parlementaire", s'est félicitée la présidente du groupe Renaissance, Aurore Bergé. "Quelle surprise de voir la majorité trouver un accord avec les députés Les Républicains", a pour sa part ironisé l'élu communiste Nicolas Sansu. Et d'alerter sur le caractère temporaire de cette aide, qui, pour le moment, n'est pas prévue pour aller au-delà du mois de décembre 2022. "Quand Total ne va pas renouveler sa ristourne, le prix du carburant va remonter aussi vite", a également souligné Manuel Bompard (La France insoumise).

Dans son style caractéristique, Charles de Courson (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) a détricoté les annonces de Bruno Le Maire, rappelant que la part de marché de Total sur le vente de carburants n'était que de 20 à 25 %, avec des stations-service majoritairement situées en zone urbaine et péri-urbaine. "Vous pensez que les autres [compagnies] vont s'aligner ? Et bien, vous connaissez mal le marché pétrolier", a-t-il poursuivi, jugeant, de fait, illusoire de coupler la remise gouvernementale et la réduction annoncée par le groupe pétrolier pour tabler sur un prix à la pompe de 1,50 euros par litre. "Ce compromis, en fait, c'est une superbe opération marketing pour Total", a-t-il finalement conclu.