À un an de la présidentielle, Marine Le Pen et Jordan Bardella multiplient les gestes en direction du patronat. Une lettre aux grands chefs d'entreprise, un déjeuner inédit avec le bureau exécutif du Medef… le RN veut convaincre les milieux économiques de sa crédibilité.
Marine Le Pen et Jordan Bardella à l'offensive sur le terrain économique à un an de l'élection présidentielle. Ce lundi 20 avril, alors que le président du mouvement rencontre la direction du Medef, les deux figures du Rassemblement national ont adressé une lettre aux dirigeants des grandes entreprises françaises. Avec une promesse : "identifier et lever les verrous normatifs qui freinent le développement économique de la France".
Pour le RN, le message est clair. Le parti d'extrême droite veut apparaître comme crédible aux yeux du monde économique alors que son accession au pouvoir à longtemps été crainte par les grands acteurs du secteur. Dans leur lettre, Marine Le Pen et Jordan Bardella annoncent avoir confié à trois proches la mission de rencontrer les principales fédérations professionnelles.
Avec Alexandre Loubet, député de Moselle, François Durvye, conseiller spécial du président du RN, et Ambroise de Rancourt, directeur de cabinet de Marine Le Pen, ils souhaitent mettre en place "un grand projet d'ordonnance de simplification", publié dès les premiers jours d'un éventuel mandat.
Dans la lettre, les deux leaders RN portent un diagnostic sévère sur les normes qui auraient été accumulées ces dernières décennies et qui pèseraient sur la compétitivité. La "simplification" est le coeur de leur message adressé aux dirigeants des grandes entreprises.
Quelques jours plus tôt, Marine Le Pen avait déjà dîné avec plusieurs chefs d'entreprise du CAC 40, dans une série de rencontres qui témoignent d'un rapprochement avec les milieux d'affaires. Du côté du Medef, on assume désormais de recevoir le RN. L'organisation patronale dit vouloir discuter avec tous les responsables politiques sans exception. Pour 2027, le RN ne veut plus apparaître comme un parti protestataire mais comme une force capable de produire des réformes opérationnelles.