Le Premier ministre a été interpellé à plusieurs reprises lors des questions au gouvernement, ce mardi 6 janvier, à l'Assemblée nationale. "La position de la France, c'est pas de double standard", a déclaré Sébastien Lecornu, jugeant l'opération ordonné par Donald Trump "illégale", tout en estimant que cela n'empêche pas de "se réjouir qu'un autre avenir soit possible pour le peuple vénézuélien".
L'intervention militaire américaine au Venezuela a occupé une large partie des questions au gouvernement, ce mardi 6 janvier, à l'Assemblée nationale. "Malheureusement, la France comme l'Union européenne ont fait preuve de bien trop peu de courage", a dénoncé, dès le début de la séance, la présidente du groupe Ecologiste, Cyrielle Chatelain, en pointant du doigt "l'approbation par Macron de ce coup d’Etat trumpien". La députée faisait ainsi référence au tweet publié par le président de la République le 3 janvier.
Affirmant, en guise de réponse, que le tweet du Président "allait avec" celui du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot (à lire ici), le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a estimé que "tout est illégal dans cette affaire : le régime de Nicolás Maduro, le cycle électoral de 2024, l’opération militaire américaine qui contrevient à la charte des Nations-unies".
Mais "ce n'est pas parce que l'opération est illégale qu'il ne faut pas se réjouir qu'un autre avenir soit possible pour le peuple vénézuélien", a ajouté le chef du gouvernement, évoquant "la question de la transition qui doit être démocratique" (voir la vidéo en tête d'article).
Sébastien Lecornu a également répondu aux interpellations des présidents de groupe Stéphane Peu (Gauche démocrate et républicaine), pour qui "la déclaration d'Emmanuel Macron, immédiatement relayée par Donald Trump, est une insulte à notre histoire et une humiliation", et Mathilde Panot (La France insoumise), qui a lancé : "Emmanuel Macron nous fait honte (...). Jusqu'où le Président abaissera-t-il la France ? Pourquoi s'est-il couché devant Donald Trump ?"
Face à cette dernière, le Premier ministre a vivement dénoncé l'attitude de La France insoumise qu'il accuse de ne pas condamner le régime de Nicolás Maduro. "On ne peut pas d'un côté dire que la police de la République ici en France tue, dire ici que nous ne sommes pas en démocratie, et ne pas voir que le régime de Nicolás Maduro était une dictature", a-t-il répondu, précisant que "la position de la France, c'est pas de double standard, c'est la parole équitable, juste, la vérité, la vérité, la vérité".
Quant à l'organisation d'un débat au titre de l'article 50-1 de la Constitution sur la situation au Venezuela et la position de la France, Sébastien Lecornu a indiqué que si des groupes le saisissaient – c'est le cas des insoumis, des communistes et des écologistes –, "un débat aura lieu".
Dans l'hémicycle ce mardi, le député socialiste Olivier Faure a également dit regretter "la réaction" d'Emmanuel Macron, qui "est apparue insignifiante en omettant de condamner clairement" l'intervention américaine. "Cette prise de position envoie hélas un signal puissamment toxique. Si l'on tolère aujourd'hui une opération hors de tout mandat de l'ONU, quelles garanties avons-nous qu'une logique coloniale similaire ne soit légitimée ailleurs dans le monde ?", a interrogé le premier secrétaire du Parti socialiste.
De son côté, dans le cadre d'une question sur la guerre en Ukraine et les négociations pour tenter de ramener la paix, le député du parti présidentiel Pieyre-Alexandre Anglade (Ensemble pour la République) a appelé l'Union européenne à aller "apporter physiquement" son soutien au Groenland et au Danemark. "Sinon, le président Trump s’emparera du Groenland", a-t-il mis en garde. A plusieurs reprises ces derniers jours, Donald Trump et son entourage ont répété, à la presse et sur les réseaux sociaux, leur intention de faire passer l'immense île arctique de 57 000 habitants sous drapeau américain.