"Benyamin Netanyahou et Donald Trump ont lancé une opération extrêmement périlleuse" en Iran, a regretté ce lundi sur LCP l'eurodéputée Valérie Hayer. La présidente du groupe Renew Europe a fustigé l'impérialisme du président américain, qui "piétine le droit international". Elle est par ailleurs revenue sur le soutien à l'Ukraine et l'application temporaire de l'accord UE-Mercosur.
Invitée de "Lundi, c'est politique", ce 2 mars, Valérie Hayer n'a pas mâché ses mots quant à l'opération israélo-américaine lancée contre l'Iran depuis deux jours, qu'elle juge "extrêmement périlleuse". "Benyamin Netanyahou et Donald Trump se sont engagés dans cette opération en dehors de tout cadre légal, sans même informer leurs partenaires", a-t-elle déploré. Au point d'aller jusqu'à estimer que "les Etats-Unis sous Donald Trump ne sont plus nos alliés".
"Je ne vais pas pleurer sur le sort [de l'ayatollah] Khamenei", visé mortellement par un bombardement, "ni sur celui des responsables des Gardiens de la révolution", a précisé la présidente du groupe Renew Europe au Parlement européen. C'est davantage celui des populations locales qui inquiète l'élue, dès lors que le régime iranien s'est maintenu au pouvoir et riposte, au risque d'embraser la région.
"Ce régime doit tomber. Mais on a malheureusement un certain nombre d'exemples par le passé qui confirment que les bombes ne le permettent pas", a poursuivi l'eurodéputée, appelant à la "désescalade". "Il faut protéger les populations et demander à toutes les parties prenantes de cesser ces combats."
Pour Valérie Hayer, ce nouvel exemple, qui vient illustrer la "logique impérialiste" de Donald Trump, confirme la nécessité de renforcer la voix de l'Union européenne. "L'enjeu pour nous, européens, c'est de bâtir une jambe européenne dans l'OTAN qui soit forte", a-t-elle confié. "Quand l'Europe dit non, ça fonctionne. [...] Donald Trump a reculé sur son plan de paix avec Poutine sur l'Ukraine, il a reculé sur le Groenland."
L'eurodéputée a également été interrogée sur la proposition de Gabriel Attal de prévoir une adhésion rapide mais progressive de l'Ukraine à l'Union européenne, afin de donner une perspective de soutien supplémentaire à l'Ukraine dans le conflit qui l'oppose à la Russie. "Il faut qu'on s'engage sérieusement dans la perspective d'adhésion et cela passe par le symbole", a soutenu Valérie Hayer, favorable à une "adhésion symbolique", qui "ne se ferait évidemment pas dans le périmètre qu'on connaît aujourd'hui avec les 27".
Une telle solution n'exonérerait pas l'Ukraine de mener les réformes nécessaires pour intégrer l'espace communautaire. "Aujourd'hui, intégrer un pays en guerre c'est évidemment une solution qui est difficilement envisageable", a-t-elle également précisé. "Il faut trouver le chemin pour donner une perspective aux Ukrainiens, et faire quelque chose qui soit tangible."
Valérie Hayer est par ailleurs revenue sur la décision de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, d'appliquer provisoirement le controversé accord de libre-échange UE-Mercosur, malgré la saisine de la Cour de justice de l'Union européenne par le Parlement européen. Une "erreur politique", a-t-elle jugé. "Néanmoins, elle en a le droit", a poursuivi l'élue européenne.
Ce "mauvais accord" est toutefois souhaité par une majorité d’États de l'Union européenne, a-t-elle rappelé, plaçant la France dans une "position minoritaire". "C'est cette réalité politique qu'il faut avoir en tête." Et de relater l'existence de "lignes de sensibilité nationale qui sont très fortes sur le Mercosur, avec beaucoup d'émotion de part et d'autre". Selon elle, en Allemagne et en Slovaquie, les effets du traité de libre-échange sont particulièrement attendus. "On a l'impression que cet accord va complètement changer le cours de la vie économique allemande. Ce n'est pas le cas."