Paris sportifs: le futur président de l'Autorité nationale des jeux pas favorable à une "loi Évin" dans ce secteur pour le moment

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Pascal Chèvremont, proposé pour diriger l'ANJ, le 17 juin 2026
Pascal Chèvremont, proposé pour diriger l'ANJ, le 17 juin 2026
par Raphaël Marchal, le Mercredi 17 juin 2026 à 19:10, mis à jour le Mercredi 17 juin 2026 à 19:13

Proposé au poste de président de l'Autorité nationale des jeux (ANJ) par Emmanuel Macron, Pascal Chevremont était auditionné à l'Assemblée nationale ce mercredi 17 juin. Questionné sur l'opportunité d'un équivalent de la loi Évin - qui encadre la promotion de l'alcool et du tabac - pour les paris sportifs, il a jugé que la régulation du secteur commençait à être "assez solide".  

Au terme de deux auditions devant les commissions des finances de l'Assemblée nationale, puis du Sénat, le Parlement a approuvé ce mercredi la nomination de Pascal Chevremont à la tête de l'Autorité nationale des jeux (ANJ), qui était proposé pour ce poste par Emmanuel Macron. Ce contrôleur général de Bercy va donc prendre la succession d'Isabelle Falque-Pierrotin, dont le mandat arrive à échéance. L'ANJ, autorité administrative indépendante de régulation des jeux d'argent et de hasard, a été créée en 2020.

Lutte contre le jeu illégal et protection des mineurs

Devant les députés, Pascal Chevremont a défendu ses priorités. Parmi elles, la lutte contre le jeu illégal, en jouant notamment sur "l'attractivité de l'offre légale sur l'offre illégale". "Je trouve préférable que des joueurs en risque de jeu excessif, majoritaires sur ces plateformes illégales, plutôt que d'être laissés à l'abandon chez ces opérateurs, puissent être traités, c'est-à-dire identifiés et accompagnés par des opérateurs légaux, à qui sont imposées des obligations", a fait savoir l'énarque.

Autre chantier mis en avant par le haut fonctionnaire : la protection des mineurs, où "plusieurs pistes de progrès sont envisageables". Selon lui, environ 15 % des mineurs sont détectés en situation de jeu illégal, en profitant de "failles" lors de la création d'un compte. Pour y remédier, Pascal Chevremont compte s'appuyer sur les moyens de lutte contre la fraude documentaire et en accélérant la procédure de vérification identitaire.

"On va y aller progressivement"

Questionné sur l'opportunité de circonscrire la publicité en matière de paris sportifs, particulièrement intense en ce début de Coupe du monde de football, le haut fonctionnaire ne s'est pas montré particulièrement demandeur d'une évolution législative à court terme. "On a une régulation de la promotion qui doit être améliorée, mais qui commence à être assez solide", a-t-il considéré. "Il y aura besoin d'améliorer, mais on va y aller progressivement", a assuré Pascal Chevremont, avant d'indiquer que l'ANJ "utilisera tous les instruments qui sont à sa disposition".

Début juin, Emmanuel Duplessy (Écologiste et social) a déposé une proposition de loi inspirée de la loi Évin de 1991, qui encadre la vente et la publicité du tabac et de l'alcool. Le texte vise à interdire la publicité pour les paris sportifs pendant les matchs et sur les réseaux sociaux. "L'ANJ a approuvé cette année des stratégies promotionnelles en augmentation de près de 25 %, pour atteindre quasiment les 800 millions d'euros, avant d'alerter publiquement sur l'intensification publiciataire autour de la Coupe du monde", a pointé le député ce mercredi. Et d'interroger : "Si la loi Évin est légitime à encadrer l'alcool, pourquoi ne pas appliquer cette logique aux paris sportifs ?"