"Il y aura malheureusement d'autres Lyhanna", déplore Mathilde Panot à la suite d'une passe d'armes avec Sébastien Lecornu

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Mathilde Panot à l'Assemblée nationale, le 17 juin 2026
Mathilde Panot à l'Assemblée nationale, le 17 juin 2026 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Mercredi 17 juin 2026 à 16:59, mis à jour le Mercredi 17 juin 2026 à 17:24

Interpellé par Mathilde Panot sur l'insuffisance des moyens alloués à la lutte contre les violences sexuelles lors des questions au gouvernement, ce mercredi 17 juin, Sébastien Lecornu a accusé LFI de "récupération politique" après la mort de Lyhanna. "Il y aura malheureusement d'autres Lyhanna s'il n'y a pas de politique de prévention", a réagi la présidente des députés insoumis à l'issue de son échange avec le Premier ministre. 

Nouvelle passe d'armes entre La France insoumise et le Premier ministre, alors que la mort de Lyhanna continue de susciter émotion et indignation. Lors de la séance de questions au gouvernement de ce mercredi 17 juin à l'Assemblée nationale, la cheffe de file des députés de La France insoumise, Mathilde Panot, a dénoncé un président de la République "niant la réalité du manque de moyens", et un ministre de la Justice "prêt à jeter les magistrats par-dessus bord pour se maintenir en poste".

"Gesticulations" contre "récupération"

Une tirade inspirée par la mort de la jeune Lyhanna, 11 ans, et les révélations sur les antécédents du suspect, Jérôme Barella, que Mathilde Panot a imputées tout à la fois à un défaut de moyens judiciaires, indiquant notamment que "notre pays compte quatre fois moins de procureurs que la moyenne européenne", et à un manque de volontarisme politique pour "enrayer la fabrique des agresseurs".

Vos gesticulations sécuritaires n'empêcheront pas les crimes, les moyens financiers si. Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale

Fustigeant "le retour du débat sur la peine de mort" et "la proposition d'allonger les peines de prison" comme autant de "gesticulations sécuritaires", la députée a réitéré le chiffre des "3 milliards d'euros" réclamés par les associations féministes et enfantistes, exhortant le gouvernement à "[mettre] cet argent sur la table maintenant".

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Répondant à Mathilde Panot, le Premier ministre a accusé le groupe LFI de se livrer à une forme de "récupération politique" et de faire preuve de "cynisme". "Les moyens pour la Justice et pour le ministère de l'Intérieur ont sans arrêt augmenté depuis 2017 (...), nous avons fait notre part du chemin", a-t-il aussi fait valoir tout en indiquant souhaiter que "ces moyens continuent à augmenter".

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"Dans la France de Macron, le Planning familial licencie", a répliqué Mathilde Panot avant que Sébastien Lecornu ne l'accuse de "flagrant délit de récupération". "Quel est le rapport entre l'affaire Lyhanna et le Planning familial ?", a lancé le chef du gouvernement, renvoyant une nouvelle fois La France insoumise à son "cynisme". Les insoumis ont aussi fini par quitter les bancs de l'hémicycle dans un brouhaha général, où se sont fait entendre des propos émanant des soutiens du gouvernement tels que "Continue ton sketche !" ou "Mettez-vous sous la clim' !".

Violences systémiques

Quelques minutes plus tard Mathilde Panot a réagi, entourée de plusieurs députées de son groupe, à la charge de Sébastien Lecornu, jugeant "scandaleux que [le Premier ministre] ne comprenne pas le caractère massif et systémique des violences qui sont faites aux enfants et aux femmes". Et la députée d'ajouter qu'"il ne comprend pas qu'il y aura malheureusement d'autres Lyhanna s'il n'y a pas de politique de prévention et de repérage des enfants victimes", rappelant que le Planning familial organisait notamment "des séances d'éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle", permettant "d'apprendre aux enfants ce qu'est le consentement, que personne n'a le droit de toucher leur corps, qu'[il] leur appartient".

"Là où nous avons un Premier ministre qui nous reproche de faire de la politique, nous lui reprochons de ne pas avoir une véritable politique de lutte contre les violences", a aussi conclu Mathilde Panot, rappelant qu'"il n'y a pas de fatalité aux violences qui sont faites contre les femmes et contre les enfants".