Lyhanna: Yaël Braun-Pivet demande l'inscription à l'agenda du Parlement de la "loi intégrale" contre les violences sexuelles

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Yaël Braun-Pivet et les députés qui portent le texte intégral sur les violences contre les enfants
Yaël Braun-Pivet et les députés qui portent le texte intégral sur les violences contre les enfants.
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Lundi 8 juin 2026 à 16:50, mis à jour le Lundi 8 juin 2026 à 17:10

La présidente de l'Assemblée nationale a demandé, ce lundi 8 juin, au gouvernement d'inscrire à l'ordre du jour du Parlement la "loi intégrale" transpartisane contre les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants et aux femmes, en réponse à l'affaire Lyhanna. Yaël Braun-Pivet participait à une conférence de presse aux côtés des députés porteurs de ce texte.

"Je demande au gouvernement, au président de la République, d'inscrire ce texte de loi intégrale, cosigné par plus de 100 députés à l'ordre du jour de la session extraordinaire, soit en juillet, soit en septembre", a déclaré ce lundi après-midi la présidente de l'Assemblée nationale.  Lors d'une conférence de presse, Yaël Braun-Pivet a apporté son soutien à plusieurs députés porteurs d'une proposition de loi "contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants".

Ce texte, qui comprend 79 article, avait été déposé en novembre dernier, à l'initiative notamment de la députée Céline Thiébault-Martinez (Socialistes). Il "apporte une réponse unifiée, cohérente et intégrale à rebours des avancées fragmentées et pointillistes de ce que nous connaissons depuis plusieurs années", a affirmé cette dernière face à la presse. Avant d'ajouter : "L'heure est venue à notre pays d'engager une révolution (...). L'État a une obligation de résultats. Le temps des demi-mesures est terminé, nous devons apporter un changement de paradigme."

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La présidente Yaël Braun-Pïvet a également indiqué saisir le Conseil d'État "pour avoir un avis juridique" sur la proposition de loi. "Nous sommes prêts, nous sommes là et nous ne nous tairons plus", a-t-elle conclu, avec une mise en garde : "Le temps où nos rapports servent à caler des étagères est terminé."

-> Lire aussi - Affaire Lyhanna et défaillances judiciaires : qui propose quoi ?

"Une défaillance systémique de notre système"

Plusieurs députés ont pris la parole, à commencer par David Taupiac (Liot) - élu du département du Gers, où a été tuée Lyhanna - qui a participé dimanche à la marche blanche en mémoire de la fillette de onze ans. "Nos concitoyens gersois sont en attente de vérité et d'action, ils ne sont pas en attente de démission ou de boucs émissaires", a insisté le député, qui a évoqué "une défaillance systémique de notre système judiciaire".  "Les solutions ne sont pas à trouver dans la désignation de boucs émissaires, et surtout pas de clouer au pilori la justice", a renchéri son collègue Guillaume Gouffier Valente (Ensemble pour la République). 

De son côté, Arnaud Bonnet (Écologiste) s'est dit "excessivement fatigué, en colère et affecté". "L'ensemble des institutions et nous-mêmes (...) ne sommes pas à la hauteur de ce qu'il se passe dans notre pays", a-t-il lancé, alors que plusieurs commissions d'enquête relatives aux violences faites aux enfants ont été menées ces dernières années. 

Vers un Grenelle de la protection des mineurs?

Présidente de celle sur les violences incestueuses, qui conclura ses travaux en juillet, la députée Maud Petit (Les Démocrates) a dit son "inquiétude" que chacun avance "en silo". "Je peux d'ores et déjà vous dire qu'il y aura une loi intégrale 2", a-t-elle déclaré, évoquant plusieurs propositions à venir qui ne figurent pas dans le texte du jour. Alors l'élue a appelé le Premier ministre "à mettre en place un Grenelle de la protection des mineurs avant la fin de l'année". 

Dans la foulée de la conférence de presse, le président du groupe Socialistes, Boris Vallaud, a partagé un courrier envoyé au Premier ministre, Sébastien Lecornu, dans lequel il demande l'inscription de la proposition de loi à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. Car "l'actualité tragique l'exige", "les acteurs la réclament", "les parlementaires la soutiennent" et "les citoyens l'attendent aussi". "Son examen pourrait débuter avant la suspension estivale en commission et se poursuivre, en séance publique, lors d'une session extraordinaire dans la deuxième quinzaine de septembre", écrit l'élu, pour qui il est "urgent que les pouvoirs publics apportent une réponse globale et cohérente au problème massif des violences sexuelles".