Dîner Macron-Trump: pourquoi le château de Versailles est aussi un lieu républicain

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Le château de Versailles.
Le château de Versailles.
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mercredi 17 juin 2026 à 17:20, mis à jour le Mercredi 17 juin 2026 à 17:35

Emmanuel Macron s'apprête à recevoir Donald Trump au château de Versailles ce mercredi 17 juin soir. Si ce lieu historique est la plupart du temps associé à Louis XIV et à la monarchie, il est aussi intimement lié à la République. LCP vous raconte. 

Après le sommet du G7 à Évian-les-Bains (Haute-Savoie), Emmanuel Macron et Donald Trump se retrouvent ce mercredi soir pour un dîner à Versailles, "à l'occasion du 250e anniversaire de l'indépendance des États-Unis", le 4 juillet 1776. L'Élysée rappelle, dans un communiqué, que le château est un "haut lieu de l’amitié franco-américaine", soulignant que c'est là que le traité consacrant l’indépendance des Etats-Unis a été signé en 1783.

"Ce sera notre moment de célébration de cette amitié" entre les deux pays, avait déclaré Emmanuel Macron il y a quelques jours dans une interview à TF1. Feu d'artifice, visite de la galerie des glaces sont notamment au programme. "Versailles est un outil diplomatique majeur", a justifié la ministre déléguée auprès des Armées, Alice Rufo, sur France inter lundi. "Quand on invite un chef d'État, on célèbre une histoire commune et à travers lui une amitié entre les peuples", a-t-elle ajouté, précisant que "cela n'empêche jamais la franchise et la clarté dans la défense de nos intérêts". 

C'est le quatrième chef d'État invité par Emmanuel Macron à Versailles

Le choix du château de Versailles répond en effet aux goûts de Donald Trump, amateur de décors fastueux. "J'aime les lieux qui sont beaux et merveilleux. [...] Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd", a d'ailleurs réagi le président des États-Unis, interrogé sur le sujet à Évian. Il est le quatrième chef d'État à être invité au château de Versailles par Emmanuel Macron, après le président russe Vladimir Poutine en mai 2017, l'empereur du Japon Naruhito en septembre 2018 et le roi Charles III en septembre 2023. 

En juillet 2017, c'est à Versailles aussi que le président de la République s'était adressé aux parlementaires réunis en Congrès pour fixer les grandes orientations de son premier quinquennat. Emmanuel Macron avait également convié 140 dirigeants d'entreprises mondiales dans l'enceinte du château pour le tout premier sommet Choose France, en janvier 2018, destiné à attirer les investissements. Cette réunion a depuis été renouvelée tous les ans, toujours à Versailles.

Une pratique courante sous la Cinquième République

Si l'actuel locataire de l'Élysée a certes davantage eu recours au château que ses prédécesseurs, c'est une pratique qui reste courante. Le Charles de Gaulle y avait notamment reçu le président américain John Kennedy en 1961 et le roi Hassan II du Maroc en 1963. Valéry Giscard d'Estaing y a invité le shah d'Iran en 1974 ou encore l'Américain Jimmy Carter en 1978. En juin 1982, François Mitterrand avait accueilli un sommet du G7 au château de Versailles pendant trois jours. Plus récemment, la chancelière allemande Angela Merkel y a été avec Jacques Chirac en 2006, le dictateur libyen Mouammar Kadhafi avec Nicolas Sarkozy en 2007, et le président chinois Xi Jinping avec François Hollande en 2014.

Mondialement célèbre pour avoir été le palais de Louis XIV, ce symbole de la royauté française est aussi un lieu étroitement lié à la République. "À l'école, on associe toujours Versailles aux rois de France, à la monarchie absolue, mais on oublie, ou on ignore, que c'est là qu'est née la IIIe République", expliquait en septembre 2025 à LCP le professeur d'histoire Ivan Boquet, avant de revenir sur cette période, aux côtés de Frédéric Lacaille, le conservateur général au château de Versailles.

Revoir ci-dessous le documentaire "Quand la République s'est installée au château de Versailles, sans (vraiment) jamais la quitter" : 

(vidéo réalisée par Maël Morin pour LCP)