Les traitements contre l'obésité Wegovy et Mounjaro seront bientôt remboursés par la Sécurité sociale. Un coût pour notre système de santé estimé à une centaine de millions d'euros, pour des médicaments qui rencontrent un important succès.
Les traitements contre l'obésité désormais pris en charge par la Sécurité sociale, tel est l'objet de deux arrêtés publiés au Journal officiel ce jeudi 28 mai. Il s'agit des médicaments Wegovy et Mounjaro, dont la popularité ne se dément pas, et qui seront donc officiellement remboursés dès la mi-juin à hauteur de 65% et dans un cadre très contrôlé.
"On est le premier pays de l'Union Européenne qui accède au remboursement pour les patients qui en ont besoin, dans le droit commun, de façon pérenne", s'est réjouie sur TF1 la ministre de la santé, Stéphanie Rist. Cette mesure "représente en année pleine, c'est-à-dire une fois qu'on aura la montée des prescriptions, une centaine de millions d'euros", a-t-elle aussi précisé, se basant sur une population cible d'environ "un million de personnes".
Si le taux de remboursement a été fixé à 65%, la ministre a indiqué que dans les faits, "pour la très grande majorité, ça sera un remboursement à 100%", dans la mesure où "quasiment tous ces patients sont pris en charge à 100%" du fait de leur état de santé.
Stéphanie Rist a cependant fait valoir que, "si on veut accéder et continuer à accéder à ces traitements", il faudra "un débat de fond" sur le financement de la protection sociale, se disant à nouveau "plutôt favorable" à augmenter les franchises.
Au vu de l'impact financier pour les dépenses d'assurance maladie et des risques de mésusage potentiel, la prescription initiale de ces médicaments injectables sera strictement encadrée et contrôlée. Elle sera réservée aux médecins travaillant dans des structures spécialisées dans l'obésité, tels que les centres spécialisés de l'obésité (CSO), des CHU ou des établissements de soins médicaux et de réadaptation (SMR), précisent les deux arrêtés.
Le Wegovy du laboratoire danois Novo Nordisk et le Mounjaro de son concurrent américain Eli Lilly sont des analogues GLP-1, une famille de médicaments qui entraînent des pertes de poids spectaculaires et réduisent l'appétit. Jusqu'à présent, le prix était librement fixé par les laboratoires et les patients français devaient débourser autour de 300 euros par mois pour ces stylos injectables disponibles sur ordonnance. L'obésité touche actuellement 18% des adultes en France.
(Avec AFP)