Minute de silence à l’Assemblée: "choquée" par les révélations sur Quentin Deranque, Yaël Braun-Pivet assume "une décision collective"

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Yaël Braun-Pivet, le 17 février 2026.
Yaël Braun-Pivet, le 17 février 2026.
par Maxence Kagni, le Vendredi 13 mars 2026 à 17:59

La présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet affirme ce vendredi que la minute de silence observée en l'honneur de Quentin Deranque en février dernier a été décidée "collectivement" dans un moment de "grande émotion nationale". De récentes révélations de Mediapart exhument de nombreux messages, publiés anonymement, mais attribués au jeune homme, qui témoignent de sa nostalgie du nazisme. 

"Moi, je soutiens Adolf, mais chacun son truc." Ce jeudi, le site Mediapart a dévoilé le contenu de nombreux messages racistes et antisémites publiés anonymement sur les réseaux sociaux et attribués au militant nationaliste Quentin Deranque, mort à Lyon le 14 février.

Cet article suscite la polémique alors que les députés ont observé une minute de silence en l'honneur du jeune homme, en ouverture de la séance des questions au gouvernement du 17 février dernier.

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Yaël Braun-Pivet "horrifiée"

Ce jeudi, la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui avait pris la parole en amont de la minute de silence, a fait part de sa consternation face aux propos cités : interrogé par LCP, son entourage a indiqué que "la présidente [a été] horrifiée par les révélations". Evoquant une "décision prise dans un contexte de grande émotion nationale", son entourage affirme que "la représentation nationale a voulu marquer son rejet de la violence" en organisant une minute de silence. 

Rendre hommage à un jeune homme qui a été tué de manière très violente, ça ne veut pas dire que l’Assemblée approuve les actes ou les opinions de cette personne. 

"La minute de silence à l’Assemblée, comme n’importe quel autre hommage, est adoptée collectivement en conférence des présidents", précise-t-on dans l'entourage de Yaël Braun-Pivet, avant de rappeler que "cette minute de silence a été proposée par Eric Ciotti (le président du groupe UDR, NDLR). Il n’y a pas eu de refus de la part des présidents, Mathilde Panot incluse (présidente du groupe LFI, NDLR)".

Les interrogations du groupe Liot

Seul le député Liot Paul Molac, qui représentait son président de groupe Christophe Naegelen lors de la conférence des présidents qui a acté la minute de silence, avait fait part de ses "réserves" : "Il y a bien un crime qui a été commis, pour l'instant j'aimerais en avoir les tenants et les aboutissants avant de savoir si véritablement il faut faire une minute de silence ou pas", avait déclaré le député, lors de la conférence hebdomadaire de son groupe du 17 février 2026.

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L'élu avait expliqué qu'à son sens, "les minutes de silence devraient être réservées aux fonctionnaires qui dans l'exercice de leur mission de service public sont tués ou ont un accident".

La France insoumise réplique sur X

Alors que La France insoumise a été mise en cause par une partie du spectre politique après la mort de Quentin Deranque, plusieurs députés LFI répliquent ce jeudi et ce vendredi sur leurs réseaux sociaux. "Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, 'assume' la minute de silence qu’elle a demandée pour un militant neonazi antisémite. Mais à part ça, ce sont les députés LFI et apparentés qui posent problème.", a ainsi écrit Aymeric Caron sur X.

Cette minute de silence à l’Assemblée nationale pour un néonazi antisémite restera une tache sur l’institution. Aymeric Caron sur X

"Celles et ceux qui ont soutenu la minute de silence à l’Assemblée nationale ont-ils des remords ? Comptent-ils reconnaître que c’était une erreur et présenter des excuses ?", a aussi publié sur son compte la députée LFI Gabrielle Cathala. 

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a lui aussi réagi : "En démocratie, le débat politique ne devrait jamais conduire à la mort de quiconque, mais que la droite et l’extrême droite aient cherché à transformer en héros un jeune néo nazi, raciste et antisémite au dernier degré, est une honte. Quentin Deranque a été une victime mais il ne sera jamais un héros".

Maxence Kagni, avec Ivan Valerio.