Mort de Quentin à Lyon : le décès du militant identitaire s'invite dans les débats à l'Assemblée

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par Maxence Kagni, le Lundi 16 février 2026 à 19:35

Les députés ont adopté en première lecture, ce lundi 16 février, la proposition de loi "visant à encadrer l’utilisation par les commerçants d'outils d’analyse vidéo automatique pour lutter contre le vol". Au cours des débats, le Rassemblement national a mis en cause La France insoumise après l'agression mortelle à Lyon de l'étudiant et militant nationaliste Quentin Deranque.

La mort de Quentin Deranque, samedi à Lyon, après des violences survenues en marge d'une conférence de l'eurodéputée La France insoumise Rima Hassan, s'est invitée dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale ce lundi 16 février. "Vos amis, à Lyon, ont pu tabasser à mort un jeune militant qui ne faisait que son travail démocratique de militant", a lancé Marc de Fleurian (Rassemblement national) en direction des députés LFI. 

Des propos prononcés alors que les députés achevaient l'examen de la proposition de loi "visant à encadrer l’utilisation par les commerçants d'outils d’analyse vidéo automatique pour lutter contre le vol" défendue par le député Ensemble pour la République Paul Midy, qui a finalement été adoptée (Pour 60, contre 13) et qui va maintenant devoir poursuivre son parcours législatif au Sénat.

"Identifier les auteurs de violences"

Le texte, qui prévoit une expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique dans les commerces (plus de détails dans notre article à lire ici), a été critiqué par la gauche : "On a compris que vous voulez filmer tout, partout, tout le temps", a ironisé le député insoumis Jean-François Coulomme, qui a parlé de "cauchemar" avant de citer le livre 1984 de George Orwell. "Le fait de pouvoir filmer la voie publique est d'abord une protection, lui a répondu le député RN Marc de Fleurian. Et elle permet d'identifier les auteurs de violences sur la voie publique, et ça, ça va vous parler normalement, Monsieur Coulomme."

Des propos tenus quelques heures après la décision de la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, de suspendre les droits d’accès au Palais Bourbon de l'un des collaborateurs du député Raphaël Arnault (La France insoumise) : le nom de ce collaborateur est cité par certains témoins de l'agression mortelle du militant identitaire, sans qu'aucun lien n'ait à ce stade été établi par le parquet. Une décision prise par la présidence de l'Assemblée nationale "à titre conservatoire et sans préjudice des suites de l'enquête judiciaire" dans le but de "prévenir les troubles à l'ordre public que [la] présence [du collaborateur] est susceptible de susciter".

Dans l'hémicycle, Jean-François Coulomme a répondu à Marc de Fleurian en dénonçant les "violences" qui émaillent, a-t-il affirmé, "toutes les manifestations d'extrême droite", qualifiant ces actions de "nauséabondes". Et le député LFI de mettre en cause, selon ses mots, "celles et ceux" que le RN "soutient", "coupables depuis 2022 de plusieurs meurtres dans l'espace public".

"La tristement célèbre Cagoule"

Quelques minutes plus tard, Laurent Jacobelli (RN) a lui aussi interpellé les députés du groupe présidé par Mathilde Panot à propos de leur réticence vis-à-vis de la vidéosurveillance algorithmique, sous-entendant qu'ils pourraient avoir peur "de voir des collaborateurs parlementaires commettre des exactions ou peut-être même des députés". "C'est plus simple de se balader pour vous cagoulés et agressifs, que d'être filmés", a accusé Laurent Jacobelli. "La tristement célèbre Cagoule c'est plutôt des gens issus de vos rangs", a rétorqué Jean-François Coulomme, ajoutant que cette mouvance avait ensuite "donné lieu à l'existence du [FN, puis du RN] à caractère fasciste et d'extrême droite". 

Quelques minutes plus tard, Katiana Levavasseur (Rassemblement national) a exprimé "sa profonde compassion à la famille et aux proches du jeune Quentin". Signe des tensions politiques autour de la mort du jeune homme, la vidéo publiée ci-dessous permet d'entendre plusieurs invectives échangées entre députés au moment de la prise de parole de l'élue du groupe présidé par Marine Le Pen. 

Le militant identitaire Quentin Deranque, âgé de 23 ans, a été déclaré mort samedi, après avoir été jeté au sol et frappé par "au moins six individus" masqués et cagoulés, a expliqué ce lundi le procureur de Lyon lors d'une conférence de presse. L'enquête se poursuit sous les chefs "d'homicide volontaire" et "violences aggravées par trois circonstances : réunion, masqué et port d'armes", mais aussi "association de malfaiteurs dans l'intention de commettre un délit". Pour l'heure, aucune information n'a été communiquée sur le profil des auteurs présumés de cette agression mortelle.