Mort de Quentin Deranque: Raphaël Arnault sort du silence et fait son retour à l'Assemblée

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par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mercredi 1 avril 2026 à 15:28, mis à jour le Mercredi 1 avril 2026 à 16:16

Le député Raphaël Arnault a fait son retour ce mercredi 1er avril à l'Assemblée nationale. Quelques heures plus tôt, il était sorti de son silence dans une interview à Blast. Deux anciens collaborateurs de l'élu ont été mis en examen dans l'enquête sur la mort de Quentin Deranque à Lyon en février.

Il n'avait pas pris la parole depuis la mort de Quentin Deranque à Lyon, mi-février. Le député Raphaël Arnault (La France insoumise), dont deux ex-collaborateurs ont été mis en examen dans le cadre de cette enquête, a décidé de faire son retour ce mercredi 1er avril, notamment "pour poursuivre [son] mandat" à l'Assemblée nationale. On a pu le voir traverser la salle des 4 colonnes aux côtés de la présidente de son groupe parlementaire, Mathilde Panot. 

Dans une longue interview vidéo au média Blast, publiée ce mercredi 1er avril, l'élu, qui évoque "l'horreur de la mort d'un jeune homme", explique pourquoi il est resté silencieux depuis les faits : "Je n'avais pas la sensation que de prendre la parole dans ce moment aurait été très opportun pour apaiser les choses. [...] C’était peut-être une erreur." 

Raphaël Arnault affirme également qu'il avait "une peur affreuse qu'il y ait une violence qui s'embrase dans le pays de part et d'autre". A ses yeux, il "valait mieux que la justice avance". 

"C'est antinomique à ce qu'on propose avec La Jeune Garde"

Interrogé sur l'affrontement qui avait eu lieu entre plusieurs groupuscules, en marge d'une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan (LFI) à Sciences Po Lyon, et qui a conduit à la mort de Quentin Deranque Raphaël Arnault répète qu'il n'était "pas présent sur les lieux"  il était à l'Assemblée nationale  et qu'il "n'était pas au courant de ce qui allait se produire, de ce qui s'était produit". A propos de son ancien assistant parlementaire Jacques-Elie Favrot, mis en examen pour complicité, le député déclare : "Je le connais bien, je sais qu'il n'aurait jamais voulu ça ; il n'aurait jamais voulu qu'il y ait un mort, qu'il y ait une telle violence qui se déchaîne sur la fin de cet affrontement ; je ne sais toujours pas pourquoi il s'est retrouvé là."

Ce qu'on revendique, c'est la possibilité de se défendre.

Lors de cet entretien, l'Insoumis, qui a été élu parlementaire en juillet 2024, revient également sur le mouvement anti-fasciste de La Jeune garde, qu'il a cofondé. Et sur ses méthodes, vivement critiquées par de nombreux responsables politiques. "Ce qu'il s'est passé à Lyon, d'une part ce n'est pas La Jeune Garde car elle est dissoute [...], et surtout les images diffusées, notamment par TF1, de militants fascistes qui se retrouvent au sol, c'est antinomique à ce qu'on propose avec La Jeune Garde depuis des années", poursuit Raphaël Arnault. "Ce qu'on revendique, c'est la possibilité de se défendre et de repousser des attaques de l'extrême droite." 

Reconnaissant qu'il y ait pu avoir, par le passé, des "erreurs", le député explique qu'il faut "à chaque fois se corriger", "se remettre en question". Avec une question qui demeure : "Qu'est-ce qu'on fait lorsque la violence se présente à nous ?"

Un message aux autres forces de gauche

Mais derrière ce qu'il décrit comme une "instrumentalisation" de ce qu'il s'est passé à Lyon, Raphaël Arnault voit surtout "une volonté de nous éteindre politiquement". "Ils se fichent de la violence politique La question posée, ce n'est pas ça. C'est l'extinction de la gauche", assure-t-il encore, appelant son camp à "tenir la barre" contre l'extrême droite. Avec un message pour les autres forces politiques de gauche : "A tous ceux à gauche qui imaginent que ce serait seulement concentré sur La France insoumise (...) et qu'eux en seraient préservés, c'est une erreur catastrophique. A la fin, tout le monde disparaît."

Si certains pensent qu'en détruisant un outil comme La Jeune garde [...], ça ferait qu'il n'y aurait plus d'antifascisme, ils se mettent le doigt dans l'oeil.

Alors que le Conseil d’État doit prochainement rendre sa décision sur le recours formulé par La Jeune Garde contre sa dissolution, le député dit "ne pas en attendre grand-chose au vu du contexte médiatique et politique". Mais à ceux qui "pensent qu'en détruisant un outil comme La Jeune garde ou en effaçant une députation, ça ferait qu'il n'y aurait plus d'antifascisme", Raphaël Arnault lance : "Ils se mettent le doigt dans l'oeil."

Quant à la place d'un militant antifasciste comme lui au Palais-Bourbon, le député explique vouloir "lutter contre l'extrême droite à tous les étages". "Lorsqu'on a vu ces gens entrer à l'Assemblée nationale, on s'est dit qu'il fallait que les antifascistes y soient", poursuit-il, avant de conclure : "On partira quand il n'y aura plus de néonazis, de royalistes ou d'autres groupes d'extrême droite qui investiront ces institutions."