Municipales: selon une étude, la gauche à son plus bas historique dans les villes moyennes, le RN s'installe

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Isoloirs
par Ivan Valerio, le Jeudi 23 avril 2026 à 10:36, mis à jour le Jeudi 23 avril 2026 à 10:39

Une étude de la Fondation Jean-Jaurès analyse ce qui s'est joué dans 140 villes moyennes françaises. La gauche y atteint son plus bas niveau depuis la fondation du PS, la droite consolide sa domination malgré ses divisions internes, et le RN poursuit son implantation territoriale.

Une étude publiée ce jeudi par la Fondation Jean-Jaurès analyse les résultats des élections municipales loin des enjeux nationaux et des caméras. Dans "Vers qui s'est (vraiment) tournée la France des villes moyennes?", le think tank scrute les résultats de 140 villes de plus de 15.000 habitants, rattachées à une unité urbaine de 20.000 à 100.000 habitants.

Leurs conclusions sont sans appel. La gauche atteint un niveau historiquement bas, la droite consolide sa domination et l'extrême droite accélère son implantation territoriale. 

Depuis la création du Parti socialiste, jamais la gauche n'avait contrôlé aussi peu de villes moyennes. Elle n'en détient plus que 24 sur 140, contre 29 en 2020 et 66 en 2008. Des bastions considérés comme imprenables ont basculé. A l'exemple de Tulle, fief de François Hollande, tenu à gauche depuis 1977 à l'exception  d'un intermède entre 1995 et 2001. Mais aussi Cherbourg, Le Creusot ou Aurillac. À Brest, le maire socialiste François Cuillandre, en poste depuis 2001, a lui aussi été battu. 

La gauche parvient à conquérir quelques villes, comme Abbeville, Agen ou Mont-de-Marsan, mais dans des configurations éclatées, à trois ou quatre listes, où elle bénéficie davantage de la division de ses adversaires que d'une véritable dynamique.

Une droite à l'image de ses divisions nationales

La droite, elle, sort renforcée. Elle rassemble 38 % des suffrages au premier tour. Un niveau bien supérieur à ses 11 % aux législatives. Elle remporte aussi trois nouvelles villes et reprend des positions perdues en 2020, comme Périgueux ou Millau.

Mais cette domination masque des divisions internes, à l'image du paysage politique national. Une large part des maires estampillés "droite" sont en réalité étiquetés Horizons, UDI ou divers droite, au détriment des Républicains. Pour les auteurs de l'étude, ces évolutions traduisent "une recomposition interne dont les effets pourraient se faire sentir dans les mois à venir". 

De son côté, le Rassemblement national et ses alliés passent de 3 à 9 municipalités dans l'échantillon étudié. Ils s'imposent à Carcassonne, Castres, Agde ou encore Montauban. Et, fait symbolique fort, ils ravissent Vierzon au Parti communiste.

Quelles conclusions pour 2027 ?

La Fondation Jean-Jaurès y voit une méthode qui fonctionne. Le RN s'appuie sur des candidats déjà implantés comme députés, avec des équipes militantes sur place structurées dans la durée. À Carcassonne, à Agde et à Bagnols-sur-Cèze les candidats victorieux étaient tous parlementaires. Reste que l'extrême droite demeure encore minoritaire en nombre absolu de villes détenues, et que ses scores au premier tour des municipales (14 %) restent très en deçà de ses résultats aux législatives (34 % en 2024). 

Ces résultats sont-ils autant d'indices pour les échéances électorales de 2027 ? Les chercheurs restent prudents. Les élections municipales ont leur logique propre. Mais dans des villes moyennes qui concentrent une partie de la France qui vote, travaille et vit loin des grandes métropoles, le message envoyé sera difficile à ignorer pour les états-majors des grandes formations politiques.