"Pas un tribunal": le gouvernement ne rendra pas publics les tests de dépistage de drogues dans les cabinets ministériels

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Sébastien Lecornu le 5 décembre 2025
Sébastien Lecornu dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, Illustration - LCP
par Raphaël Marchal, le Vendredi 26 juin 2026 à 09:32, mis à jour le Vendredi 26 juin 2026 à 09:33

Le gouvernement ne rendra pas publics les résultats de sa campagne de dépistage de stupéfiants auprès des ministres, membres des cabinets et hauts fonctionnaires, souhaitée par Sébastien Lecornu. Les personnes testées positivement devront bien quitter leur poste.

C'est une initiative qui a suscité l'émoi dans les couloirs des administrations. La semaine dernière, le Premier ministre a ordonné à ses ministres de procéder à des dépistages inopinés de leurs collaborateurs et de se dépister eux-mêmes, pour déceler une éventuelle consommation de stupéfiants au sein de l'État. Cette campagne, lancée dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic, concerne aussi de nombreux hauts fonctionnaires, comme les préfets et les ambassadeurs, ainsi que les agents ayant accès à des informations sensibles.

Mais ses résultats ne seront pas rendus publics par le gouvernement. "On n’est pas un tribunal. On a lancé cette campagne de dépistage au nom de l'exemplarité et de la sécurité de l’État. Ces postes exposent et rendent par nature les postes vulnérables. On n'entend pas pour autant rendre publics les noms" des agents éventuellement consommateurs, a expliqué l'entourage de Sébastien Lecornu.

La légalité des tests remise en question

Une absence de publicité, mais pas de conséquences : en cas de résultats positifs, le gouvernement se séparerait bien des personnes concernées, comme il l'a déjà fait il y a quelques mois avec un conseiller sur les questions agricoles ou un haut fonctionnaire de Bercy. 

Entendable sur le fond, l'initiative de Matignon a toutefois fait débat dans les ministères. Un conseiller avait questionné la légalité de la circulaire et pointé du doigt le risque d'"instaurer un rapport de défiance". Un autre avait salué l'initiative parce qu'"on ne peut plus avoir de complaisance vis-à-vis de cette consommation" qui touche "tous les milieux". La formule a également fait des émules : certains députés ont demandé d'étendre la campagne de dépistage à l'Assemblée nationale.

(Avec AFP)