Drogues: des députés demandent l'organisation de contrôles à l'Assemblée nationale

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François Jolivet, le 28 mai 2026.
François Jolivet, le 28 mai 2026. LCP
par Maxence KagniAnne-Charlotte Dusseaulx, le Vendredi 19 juin 2026 à 15:45, mis à jour le Vendredi 19 juin 2026 à 15:47

L'initiative du Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui demande aux ministres et à leurs équipes de réaliser des dépistages antidrogue, a donné des idées à certains députés, qui suggèrent d'étendre ces tests à l'Assemblée nationale. 

Les députés devront-ils bientôt réaliser des tests antidrogue à l'Assemblée nationale ? C'est ce qu'envisagent des députés, quelques jours après la décision du Premier ministre Sébastien Lecornu, de demander à ses ministres de procéder à des dépistages de leurs collaborateurs, "sous forme de tests salivaires", et de se faire tester eux-mêmes. Une mesure qui concernera aussi de nombreux hauts fonctionnaires. Le chef du gouvernement lui-même, ainsi que tous les membres de son cabinet, ont déjà réalisé un test. 

Une initiative qui a convaincu le député François Jolivet (Horizons), qui propose de l'étendre à l'Assemblée nationale. Dans un courrier en date du 18 juin, révélé par Le Figaro, l'élu de l'Indre demande à la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, d'organiser des dépistages pour "l'ensemble des personnels de l'institution" et les "députés eux-mêmes", "au nom de l'exemplarité attachée au mandat parlementaire". "Il ne serait ni compréhensible ni tenable que le Parlement, qui légifère contre le narcotrafic et appelle l'exécutif à l'exemplarité, s’exonère lui-même des règles qu'il entend voir appliquées", écrit François Jolivet.

L'exigence que nous adressons au gouvernement, nous nous la devons d'abord à nous-mêmes. François Jolivet, député Horizons

"Ce n'est pas pour faire le buzz, François Jolivet travaille depuis longtemps sur ces sujets", souligne l'entourage du député auprès de LCP. Celui-ci a d'ailleurs élaboré une proposition de loi visant à inscrire systématiquement les amendes forfaitaires délictuelles, qui sanctionnent notamment l'usage de stupéfiants, au casier judiciaire du contrevenant. 

Le texte propose également de transmettre l'extrait du casier judiciaire à l'employeur de tout agent chargé d'une mission de service public qui a fait l'objet d'une condamnation pénale définitive, "y compris par amende pénale définitive". La proposition de loi, qui n'a pas encore été déposée, est actuellement ouverte à la signature d'autres députés, indique à LCP l'entourage de l'élu. 

"Entraîner une prise de conscience"

François Jolivet (Horizons) n'est pas le seul à vouloir élargir l'initiative de Sébastien Lecornu au Parlement. C'est aussi le cas du député des Landes Lionel Causse (apparenté Ensemble pour la République), qui estime que "pour être efficace, il faudrait le faire régulièrement". Et de son collègue de l'Aveyron Jean-François Rousset (Ensemble pour la République), qui a publié ce jeudi sur son compte Facebook une vidéo dans laquelle il propose "sur la forme du volontariat ou d'une expérimentation le fait de tester l'imprégnation de la drogue au niveau des députés".

Chirurgien de profession, ce dernier  juge intéressant "d'interroger le comportement" de personnes "qui ont les moyens de se payer leur dose tous les jours et de payer les amendes". Interrogé par LCP, l'élu de l'Aveyron estime que cette démarche pourrait "entraîner une prise de conscience" chez certains malades. Et réfutant toute volonté de mener une "chasse aux sorcières", il considère que cette initiative permettrait "d'ouvrir la réflexion" sur un sujet qu'il juge sensible. Jean-François Rousset a sollicité pour cela un rendez-vous auprès de la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet.