Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a ordonné à ses ministres de procéder à des dépistages inopinés de leurs collaborateurs pour déceler une éventuelle consommation de stupéfiants au sein de l'État.
La circulaire, consultée par LCP, a été envoyée mardi par Sébastien Lecornu à l'ensemble des ministres de son gouvernement. Dans le cadre de "la lutte contre le narcotrafic" et parce que "l'État doit se doter d'une politique déterminée de prévention et de détection de la consommation de stupéfiants", le Premier ministre leur demande "d'organiser des dépistages inopinés et obligatoires, sous la forme de tests salivaires". Outre les membres des cabinets ministériels, "les hauts fonctionnaires nommés en Conseil des ministres et les agents soumis à habilitation" sont également concernés, précise Matignon, qui indique que le cabinet de Sébastien Lecornu "s'y est déjà conformé".
Pour justifier cette démarche, l'entourage du Premier ministre affirme que "l'État ne peut pas mener une politique claire contre le narcotrafic et ses conséquences dans la société sans s'imposer à lui-même les mêmes exigences" et rappelle que "la consommation de stupéfiants est un délit dans notre pays". "La consommation par des agents publics, y compris dans un cadre privé, constitue une vulnérabilité qui les expose à des pressions, des réseaux criminels ou des tentatives d'ingérence", indique encore Matignon.
Les ministres doivent donc établir la liste des emplois "susceptibles d'être soumis à un dépistage régulier", dans un plan d'action qui sera adressé au chef du gouvernement "avant le 26 juin". Charge à eux ensuite de "rendre compte de sa mise en œuvre" tous les mois.
Que se passera-t-il en cas de dépistage positif ? Dans sa circulaire, Sébastien Lecornu écrit qu'il reviendra alors aux ministres de décider des "conséquences qu'il convient de tirer, y compris sur le plan disciplinaire". Même chose pour ceux qui refuseraient de se soumettre à de tels tests. Par ailleurs, les agents positifs se verront proposer "une orientation vers des structures de soins".
Selon Le Canard Enchaîné daté du 17 février, un membre du cabinet du Premier ministre, conseiller sur les questions agricoles déjà en poste avant la nomination de Sébastien Lecornu, avait dû être exfiltré de Matignon pour consommation de drogues fin 2025.