Pourquoi les élections municipales sont un test décisif pour l'avenir d'Edouard Philippe

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Édouard Philippe, Image d'illustration - AFP
par Soizic BONVARLET, le Jeudi 12 mars 2026 à 18:50

Alors qu'Horizons, le parti dirigé par Édouard Philippe, convoite plusieurs villes stratégiques à l'occasion des élections municipales, il se trouve en difficulté pour conserver certains de ses fiefs. L'hypothèse d'une défaite de l'ancien Premier ministre au Havre étant de l'ordre des possibles, sa formation politique, tout comme sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, s'en trouveraient considérablement affaiblies.

Un candidat aux élections municipales qui joue son avenir à l'élection présidentielle. Tel est l'enjeu du scrutin des 15 et 22 mars pour Édouard Philippe (Horizons), en pleine bataille pour sa réélection à la mairie du Havre. Une campagne à haut risque, le député communiste Jean-Paul Lecoq, qui jusqu'à présent talonnait l'ancien Premier ministre dans les intentions de vote, étant donné gagnant au second tour dans un récent sondage OpinionWay. Dans l'hypothèse d'une triangulaire avec le candidat soutenu par le Rassemblement national, Jean-Paul Lecoq obtiendrait ainsi 42% des suffrages, contre 40% pour Édouard Philippe.

Or l'ancien Premier ministre l'a lui-même admis : en cas de défaite, il ne sera "pas en bonne position pour essayer de convaincre les Français" lors de l'élection présidentielle de l'année prochaine pour laquelle il a été l'un des premiers candidats déclarés. D'autant qu'au-delà du Havre, la victoire est loin d'être acquise dans plusieurs villes stratégiques convoitées par Horizons, ce qui pourrait d'autant plus affaiblir Édouard Philippe en tant que chef de parti. 

Paris et Nice, cailloux dans la chaussure d'Edouard Philippe

A Paris, le duel annoncé est celui qui devrait opposer Rachida Dati, investie par Les Républicains, et le socialiste Emmanuel Grégoire. Toutefois, Pierre-Yves Bournazel, qui entend incarner une "troisième voie", pourrait se qualifier au second tour et amener son parti, Horizons, à amoindrir les possibilités de victoire de Rachida Dati. Car à ce stade, le candidat indique qu'il ne se ralliera pas à la candidate de droite, et ce malgré des propos contradictoires d'Edouard Philippe, plaidant le 25 février dernier pour "l'union", et "l'alternance à Paris, avec un grand rassemblement de la droite et du centre". Une position aux accents de préfiguration en vue de l'élection présidentielle de 2027. Mais dont la réalisation pourrait s'avérer compliquée si Rachida Dati échouait à Paris, faute d'union entre la droite et le centre.

La campagne à Nice, avec son lot de rebondissements et son climat délétère, s'avère également source de préoccupations pour Horizons. Le mouvement soutient officiellement le maire Christian Estrosi, mais la capitale azuréenne pourrait passer à une gestion UDR-RN, sous la houlette d'Eric Ciotti. Ce qui risque de constituer une forme d'échec pour Edouard Philippe et la stratégie à laquelle il s'est attelé depuis 2017. Car nul doute qu'en cas de victoire de l'alliance "d'union des droites", Nice sera brandie comme l'exemple triomphant de cette stratégie contre l'alliance de la droite et du centre.

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Si le député Henri Alfandari est candidat à Tours, sa qualification au second tour est peu probable, ne permettant pas à Horizons de nourrir l'espoir de conquérir une nouvelle ville moyenne.

Par ailleurs, à la suite de l'élection, Edouard Philippe pourrait avoir à gérer des mouvements au sein de son groupe parlementaire. Paul Christophe, l'actuel président du groupe à l'Assemblée, se présentant dans sa circonscription du Nord à Zuydcoote. La victoire dans cette commune serait sans doute un lot de consolation pour le mouvement, mais impliquerait un départ de l'Assemblée et donc une reconfiguration du groupe.