Présidentielle: le pari d'Édouard Philippe pour séduire les jeunes face à Jean-Luc Mélenchon et au RN

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Edouard Phillippe en meeting à l'Adidas Arena, le 5 juillet 2026
Édouard Phillippe en meeting à l'Adidas Arena, le 5 juillet 2026 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Dimanche 5 juillet 2026 à 19:36, mis à jour le Dimanche 5 juillet 2026 à 20:24

Pour son premier grand meeting parisien et face à 5 000 militants, Édouard Philippe a dévoilé les priorités de son quinquennat s'il venait à être élu président de la République l'an prochain. Et fait de la jeunesse la "boussole" de son projet, estimant qu'elle doit pouvoir se porter sur un autre choix que celui qu'il a qualifié d'"impasse", entre Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella.

À Paris ce dimanche, Édouard Philippe a d'abord voulu transmettre un message à la jeunesse. Car si dans l'opinion, Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national font la course en tête auprès de cet électorat, l'ancien Premier ministre a souhaité montrer, à l'occasion de son premier grand meeting de campagne, qu'il sait non seulement s'adresser aux jeunes, mais que son programme regorge de propositions qui les concerne. 

Ambiance de stade

Malgré la présence de nombreuses personnalités dont les nouveaux ralliés à sa candidature, pami lesquels la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, mais aussi les anciennes ministres Nathalie Kosciusko-Morizet et Agnès Buzyn, ce sont bien les jeunes qui se font avant tout remarquer dans l'auditorium de l'Adidas Arena, aussi gonflé à bloc que lors des événements sportifs qu'il abrite d'habitude. Un parterre de supporters qui avant que leur champion ne monte sur scène, entonnent des chants sur des notes qui rappellent bien celles des stades, notamment du PSG dont la récente victoire en Ligue des champions galvanise encore les foules. Il y a un mégaphone, un "chef tambour", des pancartes "Votez Doudou" et même des tee shirts floqués "Coach 27".

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Jeunes militants au meeting d'Edouard Philippe, le 5 juillet 2026
Jeunes militants au meeting d'Edouard Philippe, le 5 juillet 2026

Antoine, 21 ans, votera pour la première fois l'an prochain. Il est venu de Mayenne écouter celui qui a motivé son choix d'adhérer à Horizons, en 2022. Édouard Philippe incarne une "droite progressiste" qui lui parle et qu'il compare dans ses orientations à une frange des Démocrates américains. Il se réjouit que le candidat se soit emparé de sujets qu'il estime structurants pour son avenir, dont l'intelligence artificielle et la crise climatique. Il soutient sa ligne de fermeté sur les thèmes liés à "la sécurité et l'immigration", tout en se différenciant d'une droite plus traditionnelle sur les sujets relatifs "aux LGBTQIA+, à l'IVG ou à la fin de vie". Mais il apprécie également que l'ancien locataire de Matignon ne passe pas la question des déficits par-dessus bord.

"La France de nos enfants"

Nul doute que le jeune militant n'a pu qu'être conforté par le discours qui a suivi. Après s'être livré sur ses origines personnelles, le fait qu'en tant qu'"enfant de la classe moyenne", "fils de professeurs de français", il ait pu s'élever "grâce à la méritocratie républicaine", c'est à une véritable déclaration d'amour à la jeunesse que le candidat se livre. L'école, d'abord. Le maire du Havre souhaite "une refonte massive", "la plus importante peut-être depuis Jules Ferry". Rien de moins. Transformation pédagogique en intégrant les nouvelles technologies et l'intelligence artificielle, revalorisation des salaires des profs. Raccourcir les journées des élèves, mais aussi les grandes vacances scolaires, faire davantage de place à l'activité physique... C'est à une véritable refondation, de la maternelle à l'université, que le candidat aspire. 

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Meeting d'Edouard Philippe à l'Adidas Arena, le 5 juillet 2026
Meeting d'Edouard Philippe à l'Adidas Arena, le 5 juillet 2026

Car il le martèle, "l'intérêt de nos enfants devra être la boussole de ce nouveau quinquennat". Manière sans doute, de déjouer les pronostics, alors que les études d'opinion placent Jean-Luc Mélenchon pour La France insoumise, et Jordan Bardella pour le Rassemblement national, en tête des intentions de vote des jeunes. Un choix entre "deux colères" et "deux impasses" selon le fondateur d'Horizons, qui ne s'avoue pourtant pas vaincu et déroule les sujets qui concernent les jeunes : IA, environnement, innovation, avenir de la protection sociale... Des priorités qui ont un corollaire, il n'a de cesse de le répéter, la lutte contre les déficits. 

Le bonheur de nos enfants doit rester notre ambition. Leur bonheur passe bien avant notre confort. Édouard Philippe, le 5 juillet 2026

Car c'est à une "défaillance collective" qu'il souhaite s'attaquer, estimant que la société ne fait "pas assez" pour ses enfants. "Chaque fois qu'il faut choisir, on sacrifie l'avenir. Nous ne prenons pas de décisions difficiles et nous feignons de croire que cela n'aura pas de conséquences sur nos jeunes". Fustigeant le choix qui consiste à "conserver pour nous, plutôt que construire pour eux", le candidat dit vouloir changer de paradigme en faisant de la jeunesse la "boussole" de son quinquennat. Égratignant au passage les dirigeants actuels qui auraient choisi de "remiser la réforme des retraites pour terminer tranquillement ce quinquennat".

À l'issue du meeting, celui qui en a été l'un des chefs d'orchestre, Christophe Béchu, se félicite de "l'énergie" de son candidat à démontrer qu'"il y a un chemin pour le pays". "Faire le choix de la jeunesse, faire le choix de l'avenir dans une société où on a plutôt tendance à parler fin de vie, retraites et dépendance, ce n'est pas anodin", considère le maire d'Angers et directeur de la campagne. "C'est une chose de faire des vidéos Tiktok pour essayer d'attirer les jeunes, c'en est une autre de véritablement les mettre au coeur du projet, et de leur tenir un discours de vérité". L'avenir dira si ce discours aura été en mesure de susciter, au-delà des convainvus, de nouveaux ralliements.