L'eurodéputé et fondateur de Place publique se prépare à être candidat à la présidentielle de 2027. Convention citoyenne, école, service civique obligatoire... Dans un livre à paraître ce jeudi, Raphaël Glucksmann dévoile certaines de ses lignes programmatiques. L'officialisation de sa candidature devrait intervenir à l'automne.
Raphaël Glucksmann n'a pas encore officialisé sa candidature pour l'élection présidentielle de 2027, mais il s'y prépare activement. Le fondateur de Place publique publie un livre ce jeudi, Nous avons encore envie (Allary éditions), prélude à un meeting à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) le 13 juin.
Dans l'ouvrage, dont Le Nouvel Obs publie des extraits, l'eurodéputé affirme sa volonté de s'emparer de thématiques qu'il juge délaissées ou insuffisamment saisies par la gauche : nation, autorité, immigration... De quoi incarner, selon lui, un projet républicain contre l'extrême droite. En parallèle, Raphaël Glucksmann n'a eu de cesse de dénoncer la stratégie de La France insoumise, que ce soit à l'Assemblée nationale ou au Parlement européen. Lors de la dernière campagne des élections municipales, le leader de Place publique avait appelé ses partenaires de gauche à rompre avec LFI. En somme, Raphaël Glucksmann se propose tout à la fois comme une alternance au macronisme, un rempart contre l'extrême droite, et un candidat crédible de la gauche non-mélenchoniste.
La gauche républicaine doit prendre à bras-le-corps la question de la sécurité pour en faire un axe majeur de sa campagne présidentielle. Raphaël Glucksmann, dans son livre "Nous avons encore envie"
Dans son livre de quelque 200 pages, l'eurodéputé, arrivé en tête de la gauche aux élections européennes de 2024 avec 13,8 % des voix, dévoile les lignes de son "contrat patriotique" qu'il espère passer avec les Français. Au-delà, Raphaël Glucksmann devra aussi convaincre ses alliés socialistes de renoncer à l'idée d'une primaire de la gauche à laquelle il est opposé.
C'est peut-être la proposition la plus inattendue défendue dans son ouvrage : Raphaël Glucksmann défend l'organisation d'une convention citoyenne sur l'immigration, sur le modèle des assemblées citoyennes convoquées sous la présidence d'Emmannuel Macron sur le climat ou sur la fin de vie. "Au lieu de fuir le débat migratoire, nous l'assumerons", soutient l'eurodéputé.
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Classiquement, les citoyens appelés à participer à ces assemblées seront tirés au sort et seront représentatifs de la société françaises. Leurs propositions, qui s'appuieront sur des données statistiques précises, donneront lieu à des textes de loi votés au Parlement. "Non, l'immigration zéro n'est ni souhaitable, ni possible. Et non, s'installer en France n'est pas un droit universel", défend le leader de Place publique.
Fidèle à sa promesse de "retisser le lien civique", Raphaël Glucksmann propose également d'instaurer un service civique obligatoire de dix mois pour toutes les jeunes Français. Ces derniers seraient mobilisés dans les Ehpad, les établissements scolaires, dans le service public ou dans des missions d'intérêt général. La dimension militaire de ce service resterait basée sur le volontariat.
L'engagement européen de Raphaël Glucksmann n'est plus à démontrer. Elu au Parlement européen depuis 2019, le leader de Place publique s'est largement saisi des questions internationales. Dans son livre, il épingle le "déni" de ceux qui refusent de voir la menace de la Russie de Vladimir Poutine. Le parlementaire défend un plan pour une souveraineté européenne et l'idée d'un grand emprunt européen. Il va jusqu'à proposer la suppression du droit de veto au sein de l'Union européenne, afin de lever les freins existants.
Ces derniers mois, Raphaël Glucksmann a également pris position contre la montée de l'antisémitisme. Issu d'une famille juive ashkénaze, l'eurodéputé ferraille notamment contre La France insoumise et son leader, Jean-Luc Mélenchon. Dans son ouvrage, il fait référence une seule fois à son opposant, pour de nouveau dénoncer sa "dérive" quand il "joue" avec des "noms juifs".
Comme plusieurs de ses concurrents - Gabriel Attal, Edouard Philippe... -, Raphaël Glucksmann fait de l'éducation l'une de ses priorités. Il juge notamment nécessaire de revaloriser substantiellement le salaire des enseignants, mais aussi d'augmenter le nombre de personnels faisant face aux élèves, tout en diminuant le nombre de postes administratifs. En parallèle, il plaide pour appliquer un principe de mixité sociale au privé.
Par ailleurs, l'eurodéputé préconise la mise en place d'un "passeport pour l'émancipation", garantissant à chaque enfant de partir en séjour collectif. Les colonies de vacances accueillent "trois fois moins" de jeunes qu'au début des années 80, souligne-t-il.
Raphaël Glucksmann affirme vouloir "mettre fin à toute forme de sécession des ultrariches". Il prône un "nouveau contrat social et fiscal favorable aux travailleurs" et un rééquilibrage de la "taxation entre le travail, le capital, la retraite et l'héritage". L'eurodéputé estime nécessaire de lutter contre l'installation d'une "société de rentiers", mais ne précise pas, à ce stade, quel chemin il privilégierait.
En parallèle, le leader de Place publique défend une réforme du financement de la protection sociale et des retraites, en intégrant notamment un critère d'espérance de vie en bonne santé. "L'équité exige que ceux qui ont les carrières les plus hachées et les métiers les plus difficiles puissent partir à la retraite plus tôt. Mais ceux qui ont une espérance de vie en bonne santé plus longue - les cadres - devront en revanche partir plus tard", explique-t-il.
Raphaël Glucksmann aura l'occasion, dès ce soir, de détailler son projet, étant invité d'un journal télévisé. Non pas sur France 2, où officie sa compagne, Léa Salamé, mais sur TF1.