Réélection d'Emmanuel Macron : les réactions des ténors de l'Assemblée à l'issue du scrutin

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par Soizic BONVARLET, le Lundi 25 avril 2022 à 08:47, mis à jour le Jeudi 28 avril 2022 à 15:35

Avec 58,54% des voix, Emmanuel Macron a battu Marine Le Pen dans les urnes dimanche 24 avril. Passage en revue des principales réactions venues de la majorité sortante et des oppositions de l'Assemblée nationale, alors que tous les esprits sont d'ores-et-déjà tournés vers les élections législatives de juin.  

La majorité se félicite de la réélection d'Emmanuel Macron

C'est un satisfecit pour l’Elysée et la majorité présidentielle : au-delà de sa victoire, Emmanuel Macron a été nettement réélu face à Marine Le Pen, qui opère cependant une progression de près de 8 points par rapport à 2017. Le président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, a immédiatement exprimé sa "profonde joie" et sa conviction que les "qualités personnelles" du Président réélu répondaient "aux exigences des défis de notre temps".

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Le président du groupe La République en marche à l'Assemblée, Christophe Castaner, a quant à lui évoqué un "moment historique", arguant que "jamais un Président avec une majorité présidentielle [n'avait] été réélu depuis le Général de Gaulle". S'il a, par ailleurs, concédé que certains avaient voté Emmanuel Macron "pour faire face à l'extrême droite", cela ne l'a pas empêché de revendiquer qu'"il [était] le candidat dont le projet a su convaincre le plus de Français".

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Au Rassemblement national, une défaite qui passe mal

Si Marine Le Pen n'a pas tardé, dimanche soir, à concéder sa défaite, sans pour autant saluer au moins formellement le Président réélu, elle a immédiatement évoqué "un résultat qui représente en lui-même une victoire", avant de lancer la "bataille des législatives". Le député issu du RN Sébastien Chenu, a quant à lui célébré en Marine Le Pen "une immense femme politique française qui a rassemblé des millions d'électeurs".

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Le député du Nord a par ailleurs indiqué que sa formation politique n'était "pas pour l'union des droites mais pour l'union de tous les patriotes", en référence aux propos tenus par Eric Zemmour dès dimanche soir. 

À droite, deux lignes se dessinent

"J'adresse mes sincères félicitations à Emmanuel Macron. Ce soir, la France a fait un choix clair. Dans l’intérêt de notre pays et pour les Français, je souhaite cinq années de réussite à notre Président de la République". Ces propos, publiés sur Twitter environ un quart d'heure après l'annonce de la victoire du Président sortant, sont ceux de Damien Abad, chef de file des députés Les Républicains à l'Assemblée nationale. Des mots qui ont été interprétés par certains comme un gage de "fair play", et par d'autres comme un appel du pied à l'endroit d'Emmanuel Macron. 
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Si la deuxième option se confirmait, Damien Abad rejoindrait dans ses velléités de rapprochement le député LR de l'Yonne Guillaume Larrivé, tandis que le président de la commission des finances, Eric Woerth, a rejoint Emmanuel Macron dès avant le premier tour de l'élection présidentielle. Dès 2020, Guillaume Larrivé a pris quelques distances avec son parti. Avant le premier tour, il a indiqué publiquement qu'il voterait "loyalement pour Valérie Pécresse le 10 avril", tout en annonçant que si la candidate LR était éliminée au soir du premier tour, il s'engagerait pour Emmanuel Macron, et plaidant pour que "Les Républicains participent, à l'Assemblée, à construire une nouvelle majorité pour la France". Un appel au rassemblement qu'il a réitéré hier soir, estimant que la réélection d'Emmanuel Macron ne constituait "pas la victoire d’un camp contre un autre". "C’est une belle victoire pour la démocratie française", a-t-il ainsi poursuivi, "qui peut créer les conditions de la réconciliation nationale", avant de conclure : "Rassemblons-nous pour relever les défis de la puissance et de la paix !

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Le ton est très différent du côté de l'ex-candidat à l'investiture des Républicains, Eric Ciotti, ce qui laisse d'ores et déjà entrevoir deux lignes possibles au sein du principal groupe d'opposition de l'Assemblée sortante. Le député des Alpes-Maritimes, tout en adressant ses "félicitations républicaines" au Président réélu, a regretté "un choix par défaut plus que par adhésion dans un contexte de forte abstention et d’une campagne médiocre". 

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La gauche unanime pour critiquer une élection "par défaut"

Le premier secrétaire du Parti socialiste et député de Seine-et-Marne, Olivier Faure, a lui aussi adressé ses "félicitations républicaines" à Emmanuel Macron, avant de regretter à son tour un "vote par défaut". Le regard déjà tourné vers les élections législatives, il a réitéré son souhait que la gauche puisse "se rassembler sans exclusive et dans le respect de chacun pour permettre en juin prochain d'obtenir une majorité à l'Assemblée nationale".

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Une supplique à peine voilée à l'égard de Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième sur le podium de l'élection présidentielle. Lors de sa prise de parole, quelques minutes après l'annonce de la victoire d'Emmanuel Macron, le député des Bouches-du-Rhône a qualifié l'élimination de Marine Le Pen de "très bonne nouvelle", avant d'évoquer un "Président le plus mal élu de la Ve République". "Sa monarchie présidentielle survit par défaut et sous la contrainte d’un choix biaisé", a-t-il poursuivi, avant de parler à nouveau d'un "troisième tour", dont il espère sortir vainqueur, lors des élections législatives. 

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"Le Président sortant est réélu aujourd'hui uniquement à la faveur d'un rejet de la représentante de l'extrême droite", a également considéré Fabien Roussel, lors de sa prise de parole depuis son QG dimanche 24 avril au soir. Le député communiste s'est également projeté sur les législatives. Comme Jean-Luc Mélenchon, il a estimé qu'"en additionnant la gauche dès le premier tour des législatives", il était possible de "battre le bloc d’extrême droite et le bloc libéral". L'issue des négociations entre les différentes formations de gauche en vue d'un accord pour les élections législatives devrait être connue à la fin de la semaine.

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