"Une première étape": en quête d'une dynamique à droite, Bruno Retailleau en meeting à Paris

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Bruno Retailleau en juin 2025 (© Wikimedia)
Bruno Retailleau en juin 2025 (© Wikimedia)
par Raphaël Marchal, le Samedi 20 juin 2026 à 07:20

Le candidat Les Républicains à l'élection présidentielle réunit ses soutiens à Paris ce samedi 20 juin. Un meeting destiné à enclencher une dynamique et à convaincre, alors que Bruno Retailleau stagne autour de 10 % des intentions de vote dans les sondages.

C'est depuis le Parc floral de Paris que Bruno Retailleau tiendra son premier grand meeting de campagne, ce samedi 20 juin. Depuis ce jardin botanique qui borde Vincennes, le sénateur vendéen s'apprête à sortir du bois. Propulsé candidat à la présidentielle en avril par les militants de son parti, Les Républicains, l'ex-ministre de l'Intérieur a perdu de son exposition médiatique depuis qu'il a quitté le gouvernement en octobre dernier.

Et dans la course à l'Élysée, Bruno Retailleau peine à faire sa place dans les enquêtes d'opinion, où il tutoie les 10 %. "Les sondages, c'est à prendre avec prudence. On est encore extrêmement loin de la présidentielle, et beaucoup de choses peuvent encore se passer", relativise Patrick Hetzel. Le député LR du Bas-Rhin, qui sera présent au meeting, assure à LCP que l'évènement permettra de fédérer cadres et militants autour du président du parti. Quelque 4.000 personnes doivent braver la chaleur pour se rendre dans le 12e arrondissement de la capitale.

Ce à quoi contribuera ce meeting, c'est qu'on perçoive sa force. Patrick Hetzel, député LR

Avec l'espoir d'une démonstration de force ? "C'est une première étape d'un processus qui doit se poursuivre jusqu'à l'automne", explique Éric Pauget, député des Alpes-Maritimes. "On n'a pas besoin d'une démonstration de force. On est une force politique conséquente dans le pays. Et aujourd'hui, LR est le parti avec le plus d'élus", complète Patrick Hetzel. Le mouvement de droite, qui peut s'appuyer sur sa majorité au Sénat, revendique la victoire lors des dernières municipales, malgré ses difficultés dans les plus grandes villes.

L'absence remarquée de Laurent Wauquiez

Plusieurs personnalités de la droite sont attendues : le président du Sénat, Gérard Larcher, la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, l'ex-Premier ministre et député de Paris Michel Barnier, ou encore François Baroin. Un renfort qui comptera, souligne Éric Pauget à propos du maire de Troyes, éternel espoir de la droite. Outre la présence importante d'un socle de sénateurs, une vingtaine de députés devraient également faire le déplacement, selon les estimations d'un élu.

Mais ce sont aussi les absents qui seront scrutés dans la salle du meeting. Parmi eux, Xavier Bertrand, Jean-François Copé, mais surtout Laurent Wauquiez. Le patron des députés LR, défait par son rival dans la course à la tête du parti, plaide toujours pour l'organisation d'une grande primaire à droite à l'automne, après la définition d'un programme commun. "Je regrette son absence. Le président du groupe à l'Assemblée aurait dû être là", considère Éric Pauget. "Mais je sais qu'il œuvre beaucoup pour travailler pour le parti", tempère-t-il, tout en pointant l'absence d'autres figures de la droite, à l'image de David Lisnard, le maire de Cannes, tenté par une aventure personnelle.

Une députée de droite va plus loin. "On est au-delà des divisions personnelles. Attention à ne pas pêcher par orgueil, et planter le pays parce qu'on veut gagner la partie à tout prix", met-elle en garde, très inquiète à l'idée de voir le Rassemblement national ou La France insoumise l'emporter en 2027.

Il faut miser sur le cheval qui a le plus de chances de l'emporter. Une députée de droite à LCP

Pour elle, s'il est important que la droite porte ses idées, face à l'embouteillage de postulants issus du "socle commun", il sera au final préférable pour les Les Républicains de soutenir une candidature mieux armée si les équilibres en restent là. Idéalement celle d'Édouard Philippe, "le plus fort dénominateur commun", plus à même de rassembler que Gabriel Attal, selon cette élue. Et de prévenir : "À ce stade, on n'est pas qualifié au second tour. Il faut qu'on réflechisse au-delà de nous-même". Au contraire, Éric Pauget est convaincu que les candidats de Renaissance et d'Horizons vont payer le fait d'avoir été tamponné "Premier ministre d'Emmanuel Macron". "Ils ont un fardeau, c'est celui d'incarner ce dont les Français ont marre."

Un livre à la rentrée

"Bruno Retailleau trace sa route. Le plus important, c'est qu'autour de lui nous soyons un certain nombre à engager cette dynamique", assure Patrick Hetzel, confiant. Et de vanter le travail de fond réalisé autour du projet de l'ex-ministre, qui devrait être seulement esquissé ce samedi, avant d'être davantage détaillé à l'automne. Au Parc floral, Bruno Retailleau, qui publiera un livre à la rentrée, devrait prendre la parole pendant une heure, juste après les discours de quelques nouveaux maires LR depuis la salle.

À l'estrade, le président du parti tentera d'incarner un projet distinct du macronisme, mettant en avant les thématiques qui lui sont chères, tout en se démarquant du RN. Une gageure ? Bruno Retailleau est en tout cas sûr de ses forces, prêt à fendre la carapace et à se livrer. "Ma candidature ira jusqu’au bout", a-t-il claironné dans le Journal du dimanche, début juin, effaçant l'éventualité d'un retrait même en cas de risque d'un second tour RN-LFI. Sans effacer, en revanche, les inquiétudes dans son camp. "Attention à ne pas aller trop loin. Nous avons une immense responsabilité sur l'avenir du pays", martèle la députée citée plus haut.