Chaque voix compte - Essence, plastique : faut-il craindre des pénuries ?
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À LA UNE / Essence, plastique : faut-il craindre des pénuries ?
Après plus d'un mois de conflit au Moyen-Orient, les tensions sur les hydrocarbures se maintiennent : d'après les chiffres du gouvernement, plus de 1200 stations-service en France sont en rupture d'au moins un carburant, soit plus de 12 % d'entre elles. La cheffe de file du Rassemblement national, Marine Le Pen, a fustigé ce jeudi 2 avril la stratégie gouvernementale sur les carburants, alors que les files d'attente s'allongent dans certaines stations-service : « Quelle réponse du gouvernement [...] ? Rien, absolument rien sinon la baguette magique de la « fée électricité », a ironisé Mme Le Pen, en référence à la demande énoncée le mercredi 1er avril de Sébastien Lecornu à ses ministres d'identifier les moyens d'« accélérer » sur l'électrification de l'économie française. Refusant de parler de problème de volume, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre de l'Énergie a évoqué des tensions logistiques ponctuelles dans certaines stations, notamment les moins chères, liées à des pics de demande locaux. De son côté, Le patron de Coopérative U Dominique Schelcher s'est inquiété de la poursuite de la guerre au Moyen-Orient : « Je situe à 6 semaines le point de tournant, il nous reste deux semaines. Sinon, ça va être de plus en plus difficile sur le prix et la disponibilité du pétrole ». Le blocage du détroit prolongé inquiète aussi le domaine du plastique : les fabricants français subissent une inflation allant jusqu'à 50% sur certains matériaux plastiques depuis le début du conflit et craignent des ruptures d'approvisionnement. Si le conflit se poursuit, faut-il redouter des pénuries ?
Invités :
? Joseph Tayefeh, secrétaire générale de Plastalliance
? Erwan Benezet, journaliste au Parisien
? Anthony Morlet-Lavidalie, économiste
Chroniques :
« La petite histoire dans la grande » Anna Cabana
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Arrets maladie : la faute à qui ?
Vendredi 27 mars, Sébastien Lecornu s'est dit alerté par « une dérive très préoccupante » du nombre d'arrêts maladie délivrés en France. Selon le constat du Datascope 2026 d'Axa, le nombre d'arrêts maladie a bondi de 50 % depuis 2019, portés par une explosion des arrêts. Le gouvernement plancherait sur une série de mesures contre les arrêts jugés trop longs, tandis que l'Assemblée nationale examine à nouveau le projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales, adopté par le Sénat. Le coût des arrêts de travail a atteint 21,3 milliards d'euros en 2024. Le projet de loi de financement de la sécurité sociale 2026 prévoit également de limiter leur durée : dès septembre, un premier arrêt sera plafonné à un mois, puis deux mois maximums en cas de prolongation. Au-delà, des justificatifs seront exigés par l'Assurance-maladie. Les médecins pointent, quant à eux, « une aberration anti-déontologique ». Sophie Bouer, présidente du syndicat des médecins libéraux déclare : « Ça voudrait dire qu'on est obligé de restreindre des arrêts de travail alors que c'est un traitement », rappelant que cette augmentation des arrêts est également liée à une fragilité inédite de la santé mentale des salariés. Chez les moins de 30 ans, plus d'un arrêt long sur deux est désormais imputable à un trouble psychologique. Elle ajoute : « il faut se poser les bonnes questions, notamment celles des conditions de travail en entreprise et du management ». Face à la hausse des arrêts maladie, qui doit-en porter la responsabilité ?
Invités :
? Frédéric Bizard, économiste spécialiste des questions de protection sociale et de santé
? Sophie Taillé-Polian, députée écologiste du Val-de-Marne