Au onzième jour de guerre au Moyen-Orient, le blocage du détroit d'Ormuz et les dégâts infligés aux infrastructures énergétiques dans la région ont perturbé le marché de l'énergie. Aux premiers jours du conflit, le cours du baril de pétrole avait flambé de 30%, atteignant 119, 5 dollars, une envolée précipitée historique. Lundi 9 mars, le marché a fait volte-face. Après la déclaration inattendue de Donald Trump, qui a assuré que la guerre était « quasiment » finie, sans évoquer d'échéance précise : les prix du pétrole ont à nouveau chuté pour atteindre 84 dollars. En France, face à ces impressionnantes fluctuations, le plan de contrôle des prix à la pompe se poursuit. Pour tenter de rassurer les automobilistes français, Sébastien Lecornu avait, en effet, annoncé 500 contrôles de stations-services entre lundi 9 et mercredi 11 mars, réalisés par la répression des fraudes (DGCCRF). De son côté, Jean-Luc Mélenchon a jugé qu'il « serait plus simple de bloquer les prix ». Marine Le Pen avait alors proposé de baisser des taxes sur les carburants et Olivier Faure souhaite mettre à disposition un chèque énergie pour les ménages le plus vulnérables. Pour Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l'énergie il est « trop tôt » pour envisager des aides à la pompes. Comment contrer la hausse des prix des carburants ?
Invités :
Céline Antonin, économiste à l'OFCE
Thierry Bros, professeur à Sciences Po, spécialiste de l'économie gazière
Francis Pousse, Président de la branche Distributeurs Carburants et énergies nouvelles du syndicat Mobilians
Chroniques :
« Le chiffre du jour » par Fanny Guinochet
« Quelle histoire ! » par Olivier Ravanello
LA QUESTION QUI FÂCHE / Inondations : qui va payer ?
Après plusieurs semaines de crues dans l'Ouest et le Sud-Ouest, les lentes décrues ont permis aux sinistrés de faire les premiers constats des dégradations. La Caisse centrale de réassurance (CCR) a estimé entre 2,5 et 3 milliards d'euros, le coût total des indemnisations liées au crues pour environ 250 000 sinistrés, un montant supérieur au coût de la sinistralité de toute l'année 2024. Ce mardi 24 février, l'état de catastrophe naturelle a été reconnu par le ministère de l'Intérieur pour 294 communes sur les 371 demandes déposées. Pour tenter d'apaiser la situation, la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut a rappelé que les collectivités sont « autorisées à lever une taxe » pour financer l'entretien des digues, par exemple. Or, l'association des Intercommunalités de France a estimé une fourchette comprise entre 15 et 18 milliards d'euros pour le besoin d'investissements dans les digues alors que le rendement de cette taxe « Gemapi » est évaluée à 20,9 milliards : « L'Etat a refilé la patate chaude aux collectivités », appuie Régis Banquet, vice-président des Intercommunalités. Du côté des particuliers, les experts anticipent une hausse des primes d'assurance habitation. Entre l'État, les collectivités, les assureurs et les particuliers, qui va payer les réparations de ces crues historiques ?
Invités :
Benoît Biteau, député écologiste de Charente-Maritime
Amandine Richaud-Crambes, ingénieure en environnement et urbaniste
Olivier Moustacakis, cofondateur et directeur général d'« Assurland.com »
« Chaque Voix compte », votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Adeline François, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique. Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.