Yves Thréard reçoit Alain Finkielkraut, écrivain, essayiste et membre de l'Académie française. Tout au long de cet entretien, c'est un Finkielkraut qui dit sa préoccupation quant à l'avenir de la France. Selon lui, ce pays « est en train de devenir une petite nation », au sens de Kundera : « une nation dont l'existence peut être remise en question et qui le sait, dont l'existence ne va pas de soi ».
La France est « fragile, vulnérable », observe-t-il. L'essayiste évoque le principe de méritocratie que l'on brandit à cor et à cri : à ce titre, « on sacrifie ce que la France a de spécifique au profit du multi-culturalisme et d'une idée fallacieuse de l'universel ».
Alain Finkielkraut reprend alors la pensée d'Ernest Renan selon laquelle la nation est d'abord un « héritage de gloires et de regrets, qu'il faut pouvoir prendre indivis ». Mais il souligne que « c'est aussi un consentement, un vivre-ensemble ». Le grand problème aujourd'hui, « c'est que ce plébiscite n'existe plus [...] La France se chasse d'elle-même pour être plus accueillante » conclut-il finalement.
Oubliez les plateaux de télévision placés sous le feu des projecteurs, oubliez les éclats de voix des débats et la frénésie de l'actualité ; place à une rencontre singulière avec une personnalité du monde politique, des arts, des médias ou de la société civile.