Accusations contre "Complément d'enquête" : la commission d'enquête donne une semaine à Rachida Dati pour apporter ses preuves

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Rachida Dati lors de son audition par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, en février 2026
Rachida Dati lors de son audition par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, en février 2026
par Raphaël Marchal, le Mardi 17 février 2026 à 18:40, mis à jour le Mardi 17 février 2026 à 18:45

La commission d'enquête sur l'audiovisuel public a donné à Rachida Dati jusqu'au lundi 23 février pour apporter des preuves appuyant ses accusations envers "Complément d'enquête". La ministre de la Culture avait accusé le magazine de France 2 d'avoir proposé de l'argent à l'un de ses proches en échanges d'informations. Les députés ont envoyé un courrier similaire à la rédaction du magazine.

Qui, de Rachida Dati ou de "Complément d'enquête", dit la vérité ? Auditionnées sous serment à l'Assemblée nationale à une semaine d'intervalle par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, la ministre de la Culture et la rédaction du magazine de France 2 ont apporté deux témoignages singulièrement contradictoires. C'est Rachida Dati qui a ouvert le bal, le 5 février, accusant "Complément d'enquête" d'avoir proposé, via un tiers, de l'argent à l'un de ses proches dans le but d'obtenir des informations, et arguant disposer de messages prouvant cette affirmation.

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"Je démens cela catégoriquement et sous serment", a réagi une semaine plus tard le présentateur et rédacteur en chef de l'émission, Tristan Waleckx. "Jamais je n'ai monnayé un témoignage, ni même tenté de monnayer un témoignage", a complété le journaliste auteur de l'enquête sur la ministre, Louis Milano-Dupont. La rédaction affirmant même détenir un e-mail envoyé par un proche de Rachida Dati, qui s'est "reconnu" dans les propos de la ministre, et qui "affirme clairement que 'Complément d'enquête' ne lui a jamais proposé d'argent".

Pour tenter de démêler le vrai du faux, le président de la commission d'enquête, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), et le rapporteur, Charles Alloncle (Union des droites pour la République), ont envoyé deux courriers à chacune des parties impliquées, lundi 16 février. Ils demandent à Rachida Dati de leur transmettre avant le 23 février "les documents attestant la tentative de monnayage d'informations", et à Tristan Waleckx, le courriel envoyé par le proche de la ministre de la Culture. 

Cette procédure pourrait conduire à une saisine de la justice pour suspicion de parjure, chacun des témoignages ayant été réalisés sous serment devant les députés de la commission d'enquête. Cette dernière a poursuivi ses auditions ce mardi. Demain, ce sont les représentants de la société de production Together Média (C politique, C ce soir, En société) qui seront auditionnés.