La commission d'enquête sur l'audiovisuel public a donné à Rachida Dati jusqu'au lundi 23 février pour apporter des preuves appuyant ses accusations envers "Complément d'enquête". La ministre de la Culture avait accusé le magazine de France 2 d'avoir proposé de l'argent à l'un de ses proches en échanges d'informations. Les députés ont envoyé un courrier similaire à la rédaction du magazine.
Qui, de Rachida Dati ou de "Complément d'enquête", dit la vérité ? Auditionnées sous serment à l'Assemblée nationale à une semaine d'intervalle par la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, la ministre de la Culture et la rédaction du magazine de France 2 ont apporté deux témoignages singulièrement contradictoires. C'est Rachida Dati qui a ouvert le bal, le 5 février, accusant "Complément d'enquête" d'avoir proposé, via un tiers, de l'argent à l'un de ses proches dans le but d'obtenir des informations, et arguant disposer de messages prouvant cette affirmation.
"Je démens cela catégoriquement et sous serment", a réagi une semaine plus tard le présentateur et rédacteur en chef de l'émission, Tristan Waleckx. "Jamais je n'ai monnayé un témoignage, ni même tenté de monnayer un témoignage", a complété le journaliste auteur de l'enquête sur la ministre, Louis Milano-Dupont. La rédaction affirmant même détenir un e-mail envoyé par un proche de Rachida Dati, qui s'est "reconnu" dans les propos de la ministre, et qui "affirme clairement que 'Complément d'enquête' ne lui a jamais proposé d'argent".
Pour tenter de démêler le vrai du faux, le président de la commission d'enquête, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), et le rapporteur, Charles Alloncle (Union des droites pour la République), ont envoyé deux courriers à chacune des parties impliquées, lundi 16 février. Ils demandent à Rachida Dati de leur transmettre avant le 23 février "les documents attestant la tentative de monnayage d'informations", et à Tristan Waleckx, le courriel envoyé par le proche de la ministre de la Culture.
Cette procédure pourrait conduire à une saisine de la justice pour suspicion de parjure, chacun des témoignages ayant été réalisés sous serment devant les députés de la commission d'enquête. Cette dernière a poursuivi ses auditions ce mardi. Demain, ce sont les représentants de la société de production Together Média (C politique, C ce soir, En société) qui seront auditionnés.