Parmi ses recommandations, qui sont sur le point d'être officiellement publiées, Charles Alloncle (UDR) préconise une fusion de France 2 et France 5, mais il veut aussi regrouper l'Institut national de l'audiovisuel (INA) et la Bibliothèque nationale de France (BnF). Une mesure qui permettrait à terme de dégager 10 millions d'euros d'économies chaque année, selon le rapporteur de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
C'est une proposition qui n'avait jusque-là pas été révélée et dont LCP a eu connaissance. Alors que le rapport de Charles Alloncle sur l'audiovisuel public sera officiellement publié ce mardi 5 mai, le député UDR propose de mettre sur la table la fusion de deux entités désormais bien identifiées par le grand public : l'Institut national de l'audiovisuel (plus connu sous la dénomination INA, acronyme repéré sur de nombreuses vidéos d'archives très vues sur internet et les réseaux sociaux) et la Bibliothèque nationale de France (la BnF, dont le site François-Mitterrand s'élève en bord de Seine avec ses quatres tours en forme de livres ouverts).
L'élu de l'Union des droites pour la République, le parti d'Eric Ciotti, préconise de confier à l'Inspection générale des finances et à l'Inspection générale des affaires culturelles une mission de préfiguration de cette fusion, dans un délai de six mois après l'adoption de son rapport. Ce travail préparatoire doit permettre de "chiffrer précisément les économies nettes réalisable, les coûts de transition et le calendrier opérationnel de rapprochement" avant d'engager le processus législatif nécessaire à la fusion des deux établissements, écrit Charles Alloncle, qui estime que la fusion permettrait, à terme, d'économiser 10 millions d'euros chaque année.
Première bibliothèque de France, la BnF - qui compte plusieurs sites dans Paris, notamment en bord de Seine dans le 13e arrondissement, ainsi que le site Richelieu son berceau historique dans le 2e arrondissement - est l’institution culturelle chargée de collecter, conserver et diffuser ce qui s'édite et ce qui se publie en France. Elle est également chargée du patrimoine hérité des collections antérieures, reçu par des dons, des legs, ou via des achats. La BnF est aussi responsable des activités de recherche et de diffusion de la connaissance aux professionnels, mais aussi au grand public, grâce à l’organisation d’expositions et de diverses manifestations culturelles. Réparti sur sept sites, cet établissement public, rattaché au ministère de la Culture, emploie environ 2 200 personnes.
De son côté, l'Institut national de l'audiovisuel a été créé en 1974, avec pour mission principale d'archiver, de conserver et de valoriser les productions audiovisuelles issues de la radio, de la télévision et désormais du web. Cet étabissement public, qui emploie environ 1 000 personnes, gère un fonds démesuré, et est chargé de commercialiser et de distribuer des contenus audiovisuels à destination des professionnels, des entreprises, ou encore du grand public. L'INA compte, en outre, un centre de formation et de recherche en matière audiovisuelle. Depuis 2018, cette structure coproduit aussi une émission diffusée par LCP, présentée par Patrick Cohen, Rembob'INA.
Dans leur contribution au rapport, les députés écologistes de la commission d'enquête font part de leurs doutes quant à la volonté de Charles Alloncle de rassembler ces deux entités. "La fusion de l’INA et de la BnF vise à mettre sous coupe réglée deux institutions pourtant garantes de la mémoire de notre pays sans expliquer comment cette fusion servirait l'une ou l'autre de ces missions", écrivent les députés Sophie Taillé-Polian et Jérémie Iordanoff, qui ajoutent : "Une volonté qui n’étonne pas de la part d’un groupe politique qui n’a jamais su condamner le 'détail de l’histoire'."