Audiovisuel public : La commission d'enquête va se réunir pour garantir un "cadre digne, sérieux et respectueux"

Actualité
Image
Commission d'enquête sur l'audiovisuel public
par Raphaël Marchal, le Mardi 6 janvier 2026 à 09:47

Le bureau de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public va se réunir, ce mardi 6 janvier, à l’initiative du président de l'instance, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons). Fin décembre, il avait décidé de suspendre l'envoi de nouvelles convocations après des tensions lors de plusieurs auditions.

Après la trêve des confiseurs, la commission d'enquête "sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public" va reprendre son travail et ses auditions. Mais avant cela, le bureau de l'instance va se réunir ce mardi 6 janvier après-midi, à 16 heures, à l'initiative de son président, Jérémie Patrier-Leitus (Horizons). Un représentant de chaque groupe politique pourra, en outre, participer à la réunion, destinée à garantir le respect des principes et des règles fixés lors de la création de la commission d'enquête, qui n'ont "pas toujours été respectés", considère le président dans un courrier transmis hier, lundi 5 janvier, aux membres de la commission.

Fin décembre, et alors que plusieurs échanges tendus ont émaillé le premier mois d'auditions menées par la commission, Jérémie Patrier-Leitus avait décidé de suspendre l'envoi de nouvelles convocations. La réunion de ce mardi doit permettre de garantir un cadre "digne, sérieux et respectueux", indique le président dans son courrier. Avant d'égrener les différents principes que les députés s'étaient engagés à respecter, parmi lesquels figurent l'exigence de ne pas transformer la commission en "tribunal politique", le "respect absolu des personnes auditionnées", et le fait de ne pas "instrumentaliser" ou "déformer" les propos des personnes auditionnées sur les réseaux sociaux.

A l'issue de la réunion, le président devrait procéder à la convocation des personnes qui seront auditionnées en janvier, février et mars. Au cours des mois à venir, les auditions de représentants d'importantes sociétés de production travaillant avec France Télévisions sont notamment attendues.

Auditions tendues et polémiques 

Mise en place à la demande du groupe Union des droites pour la République, présidé par Eric Ciotti et allié du Rassemblement national, la commission d'enquête affiche l'objectif de faire la "transparence" sur l'audiovisuel public, notamment sur sa situation financière et sur l'utilisation faite des fonds qui lui sont attribués. En fin d'année dernière, certaines auditions se sont déroulées dans un climat tendu faisant parfois l'objet de polémiques. Ce qui avait conduit la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, à "rappeler à l'ordre" le rapporteur de la commission, Charles Alloncle (UDR).

Plusieurs personnalités auditionnées, à l'image de la présidente de Radio France, Sibyle Veil, ont dénoncé les "déformations" de certains de leurs propos tenus en audition, critiquant les publications qui étaient faites en quasi direct sur le compte X de Charles Alloncle. Filmé à son insu avec son collègue Thomas Legrand, lors d'une discussion informelle avec des cadres du Parti socialiste - ce qui a déclenché la création de la commission d'enquête - le journaliste Patrick Cohen a lui aussi dénoncé la méthode, affichant ses doutes quant à la "sincérité" de la démarche entreprise.

Contacté par LCP, le rapporteur de la commission d'enquête dément toute volonté d'instrumentalisation de l'instance, indiquant seulement vouloir faire la transparence sur le fonctionnement de l'audiovisuel public. Selon Charles Alloncle (UDR), les "bonnes audiences" des différentes auditions démontrent le sérieux et l'intérêt des travaux menés. Et d'assurer notamment respecter la distribution des temps de parole entre les différents groupes, quitte à renoncer à nombre de ses propres questions. Sur la forme, il assume en outre de reformuler certaines questions à plusieurs reprises, lorsqu'il estime qu'une personne auditionnée tente de s'y soustraire.

Des vives tensions ont également pu avoir lieu entre Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) et Aymeric Caron (apparenté La France insoumise), qui se plaignait hors micro de réponses hors sujet de la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte. Ou encore entre le président de la commission d'enquête et Ersilia Soudais (LFI), après que cette dernière a taxé de "raciste" l'humour de la chroniqueuse de France Inter Sophia Aram.