Le ministre chargé des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a pris la parole en fin de séance à l'Assemblée nationale, ce jeudi 15 janvier au soir, pour annoncer l'interruption des débats parlementaires sur le projet de loi de finances pour 2026. Il a confirmé que le Premier ministre ferait des propositions dès le lendemain, vendredi, "pour permettre la promulgation d'un budget de compromis".
"Force est de constater que ce soir nous nous éloignons définitivement d'un texte de compromis acceptable par une majorité de députés". C'est par ces mots, dans la droite ligne de ceux émanant de Matignon quelques heures plus tôt, que le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a annoncé la décision gouvernementale d'interrompre les débats sur le projet de loi de finances pour 2026 à l'Assemblée nationale.
"Malgré la volonté du gouvernement de créer les conditions d’un vote, ce budget ne pourra pas être adopté par un vote. Le Premier ministre fera des propositions dès demain [vendredi] pour permettre une promulgation d’un budget de compromis", a aussi confirmé Laurent Panifous, indiquant que les séances de vendredi et de lundi, qui devaient être consacrées à la poursuite de l'examen du budget, étaient annulées.
Informé quelques minutes auparavant de l'arrivée imminente du ministre, le président de la commission des finances, Eric Coquerel (La France insoumise) avait immédiatement dénoncé "une situation où le gouvernement joue avec le Parlement de manière éhontée".
Et le député insoumis d'enfoncer le clou quelques minutes plus tard sur X. "Le gouvernement vient donc d’annoncer qu’il n’ira pas au vote du budget et qu’en conséquence il annoncera la semaine prochaine la manière par laquelle il entend le faire adopter", a-t-il déploré, fustigeant "un coup de force" en référence à la méthode - 49.3 ou ordonnances - qui sera choisie pour faire passer le texte et confirmant l'intention de son groupe de réagir par une motion de censure.
Un peu plus tôt dans la soirée, la ministre de l'Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin, avait indiqué dans l'hémicycle que "la décision de choisir entre le 49.3 et les ordonnances [n'était] pas prise". Plus tôt dans la journée, Matignon avait fait savoir que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, trancherait "d'ici mardi" sur la façon de doter la France d'un budget de l'Etat pour 2026.
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