La séance des questions au gouvernement de ce mardi 30 juin a été marquée par un vif échange entre la présidente des députés écologistes, Cyrielle Chatelain, et le Premier ministre, Sébastien Lecornu. Dans la foulée, l'élue a annoncé que son groupe allait déposer une motion de censure.
"Nous avons un gouvernement qui n'est pas prêt." Ce mardi, la présidente des députés écologistes, Cyrielle Chatelain, a annoncé que son groupe allait déposer une motion de censure pour dénoncer "l'impréparation" du gouvernement Lecornu vis-à-vis du changement climatique et des canicules qui ont récemment frappé la France.
Lors de la séance des questions au gouvernement, la cheffe de file du groupe Écologiste et social a mis en cause la "responsabilité" du gouvernement : "33 000 décès entre 2014 et 2022 dus à la chaleur et vous n'avez rien anticipé", a affirmé Cyrielle Chatelain. "Sous votre gouvernement, la canicule s'est transformée en violence politique", a ajouté la députée de l'Isère. "Les morts, vous les avez sur la conscience, la politique que vous menez est une politique inégalitaire !", s'est-elle indignée.
La canicule est politique, vous devrez en répondre. Cyrielle Chatelain
"Le gouvernement peut, par son impréparation, représenter un danger", a encore déclaré Cyrielle Chatelain à la sortie de l'hémicycle, quelques minutes après avoir interpellé le Premier ministre.
En séance, Sébastien Lecornu lui a vertement répondu, dénonçant une "polémique purement politicienne" : "On peut critiquer le gouvernement, mais je vous entends dans les médias depuis plusieurs jours semer le doute sur l'action de l'État et l'État tient face à chaque crise !" Le chef du gouvernement a également affirmé que le fonds vert avait été créé sous le quinquennat d'Emmanuel Macron.
Le Premier ministre a appelé les écologistes à davantage de "dignité" : "D'où sortez-vous ce bilan de 10 000 morts ?", a-t-il demandé. Sébastien Lecornu faisait ainsi référence aux propos du sénateur écologiste Guillaume Gontard, qui a avancé de tels chiffres, selon Public Sénat. "Un bilan humain qui est faux", a martelé le chef du gouvernement.
"Quelle fébrilité de la part du Premier ministre, je ne l'ai jamais vu sortir de ses gonds comme ça, c'est vraiment qu'il doit avoir mauvaise conscience", a rétorqué Cyrielle Chatelain devant les médias présents à l'Assemblée nationale, quelques minutes après son échange avec Sébastien Lecornu. "Le gouvernement sait qu'il n'a pas agi", a continué la députée.
Pour être déposée, une motion de censure doit réunir 58 signatures, alors que le groupe écologiste ne compte que 38 députés. Cyrielle Chatelain veut croire que des députés issus des autres groupes de gauche soutiendront sa démarche : "Globalement, nous sommes sur une motion de censure de gauche", a-t-elle expliqué, écartant toute signature d'un député issu des rangs du Rassemblement national. Cyrielle Chatelain prévoit de déposer la motion de censure "dans les heures qui viennent".
Mardi matin, le groupe Écologiste et Social avait annoncé le dépôt d'une proposition de résolution visant à créer une commission d'enquête sur la gestion du changement climatique par les gouvernements des deux quinquennats d'Emmanuel Macron.
Le Premier ministre s'est dit favorable à cette demande : "Cela va permettre enfin d'objectiver le rôle de chacun et quelque chose me dit que cette commission d'enquête vous reviendra en boomerang", a réagi Sébastien Lecornu, pendant la séance des questions au gouvernement. "La commission d'enquête parlementaire nous permettra aussi peut-être de savoir pourquoi à chaque fois qu'il y a une action à prendre, vous nous faites défaut", a aussi affirmé Sébastien Lecornu.
Le chef du gouvernement en a profité pour dénoncer le bilan des municipalités écologistes : "On ne peut pas dire qu'il soit à ce point édifiant qu'il serve de modèle d'ailleurs les électeurs vous ont plutôt battus dans certaines de ces mairies" a-t-il lancé, appelant les écologistes à l'"humilité".