Face à l'envolée des prix du pétrole et du gaz, "aucune mesure globale ne sera efficace", a jugé le Premier ministre lors du débat sur la guerre au Moyen-Orient organisé, ce mercredi 25 mars, à l'Assemblée nationale. Tandis que les députés d'opposition réclament toujours une baisse de la fiscalité ou un blocage des prix.
"Non, l'Etat ne profite pas de la crise." C'est une mise au point ferme que le Premier ministre a martelé ce mercredi, lors du débat organisé à l'Assemblée nationale sur la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences. Et de s'engager devant les députés à faire toute la "transparence" sur le sujet, afin "d'entraver les doutes et les mensonges".
Outre des annonces sur le volet militaire, le locataire de Matignon était aussi venu dire aux élus du Palais-Bourbon qu'il ne fallait toujours pas compter sur un coup de pouce destiné à soutenir les consommateurs à la pompe. En tout cas, pas à ce stade. Cela reviendrait à "dépenser l'argent du contribuable pour financer l'économie fossile de pays lointains dont nous sommes dépendants", a-t-il expliqué. Le gouvernement a, en revanche, décidé de mettre en œuvre des mesures de soutien sectorielles, notamment pour soulager la trésorerie des pêcheurs ou des transporteurs.
"Aucun chèque général, aucune mesure globale à l'aveugle ne seront efficaces dans la crise actuelle", a poursuivi Sébastien Lecornu. "C'est très coûteux pour les finances publiques. Et derrière un chèque, très vite, se cachent en général un impôt, ou une répercussion très grave sur le déficit public", a-t-il soutenu. Avant de battre en brèche les principales propositions des oppositions.
"La baisse de la TVA est une mesure inefficace, mais aussi ruineuse pour les finances publiques, comme pour les consommateurs", a ainsi jugé Sébastien Lecornu, faisant référence à une mesure défendue par le Rassemblement national. Le Premier ministre a rappelé qu'une taxe flottante sur les produits énergétiques avait été mise en place par le passé - par le gouvernement Jospin au début des années 2000. "Ça a coûté 2,7 milliards d'euros aux finances publiques, pour un effet moyen de seulement 2 centimes d'euros par litre", a-t-il critiqué.
"Il n'y a pas aujourd'hui de risque de pénurie pour notre pays. Nos approvisionnements sont sécurisés, nos stocks pétroliers sont mobilisables", a par ailleurs indiqué le locataire de Matignon. "Nous sommes face à un problème de coût de l'énergie, pas à un problème d'accès à l'énergie."
Durant le débat, plusieurs élus ont pris la parole pour réclamer au gouvernement un changement de posture. "L'Etat n'a pas le droit de se comporter en bénéficiaire passif de la crise", a cinglé Gérault Verny (Union des droites pour la République), demandant une baisse ciblée de la fiscalité sur l'énergie. La baisse de la TVA sur l'essence, de 20 % à 5,5 %, a également été défendue par la présidente du groupe RN, Marine Le Pen, qui souligné que certains pays voisins de la France, dont l'Espagne, avaient agi pour soutenir les consommateurs face à la hausse du coût des carburants.
"Promettre des baisses massives de taxes sur les carburants, comme vient de le faire Madame Le Pen, c'est tout simplement du populisme à la pompe", a répliqué Vincent Ledoux (Ensemble pour la République).
Face à l'explosion des prix, "la seule solution, pour protéger l'ensemble des Français, c'est le blocage des prix", a pour sa part soutenu Bastien Lachaux (La France insoumise). Tout en fustigeant les mesures prônées par le Rassemblement national et le Parti socialiste qui, selon lui, "proposent des chèques cadeaux du contribuable vers les multinationales du pétrole".