Elisabeth Borne claque la porte de la direction de Renaissance et critique la ligne Attal

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Elisabeth Borne le 21 décembre 2023
par Raphaël Marchal, le Mercredi 6 mai 2026 à 11:16

L'ancienne Première ministre a annoncé ce mercredi se retirer de la direction du parti Renaissance, dont elle restera néanmoins adhérente. Sur France Inter, Elisabeth Borne a indiqué être "en désaccord" avec la ligne portée par le secrétaire général, Gabriel Attal.

C'est un départ qui révèle certaines tensions entre les cadres de Renaissance, à un an de l'élection présidentielle. L'ancienne Première ministre, Elisabeth Borne, a annoncé mercredi se retirer de la direction du parti fondé par Emmanuel Macron. "Je suis en désaccord avec la ligne actuelle", a-t-elle affirmé sur France Inter, regrettant que celle-ci ne soit "pas forcément débattue" en interne.

"J'ai décidé de démissionner du Conseil national de Renaissance, de me mettre en retrait du bureau exécutif et de me consacrer à la structure que j'ai créée, 'Bâtissons ensemble'", qui a vocation à "rassembler au-delà des partis", a-t-elle poursuivi. Elisabeth Borne, qui publie jeudi Réveillons-nous! (Robert Laffont), a indiqué qu'elle resterait tout de même "simple adhérente" de Renaissance. "Je suis attachée aux militants et je suis attachée aux valeurs qu'on a portées en 2017, mais je ne souhaite pas participer aux instances."

L'annonce de la députée du Calvados survient alors que Gabriel Attal s'active en vue de la présidentielle, multipliant les déplacements pour tenter de déloger Édouard Philippe de son rang de favori du bloc central pour la course à l'Élysée.

Des divergences avec Gabriel Attal

En août 2024, Elisabeth Borne avait annoncé sa candidature à la tête du parti Renaissance. Quatre mois plus tard, elle renonçait à déposer sa propre liste, moyennant un accord avec Gariel Attal qui lui assurait la présidence du Conseil national, sorte de Parlement du parti.

Mais l'ancienne Première ministre, qui avait accueilli Gabriel Attal sur le perron de Matignon en janvier 2024, n'a jamais semblé adhérer à la démarche de son éphémère successeur, qui s'est emparé du parti sans l'accord de l'Elysée et dirige également le groupe macroniste à l'Assemblée nationale. "Renaissance, ce n'est pas un parti, c'est l'agence de com' de Gabriel Attal", avait-elle notamment déclaré à La Tribune Dimanche.

Questionnée ce mercredi sur les points de divergence avec la ligne actuelle de Renaissance, Elisabeth Borne a cité le "respect du droit international", du Conseil constitutionnel et de la loi fondamentale. Elle avait déjà affiché son scepticisme, voire son opposition à certaines mesures de fond annoncées par le parti, comme l'interdiction du voile pour les mineures de moins de 15 ans.

Une critique de la méthode

En septembre 2025, la députée du Calvados avait séché le discours de clôture du meeting d'Arras de Gabriel Attal, comme un certain nombre de figures du parti, en désaccord avec sa prise de distance vis-à-vis d'Emmanuel Macron. Ce mercredi, l'ex-Première ministre s'est aussi livrée à une "critique de méthode" d'Emmanuel Macron. Selon elle, les "intuitions" qu'il a portées lors de sa première élection en 2017 étaient bonnes, mais il faut aujourd'hui "faire autrement". Évoquant sa vision du rôle du président de la République, elle a affirmé être opposée à un "pouvoir solitaire et un peu vertical".

Il faut aussi, selon elle, revoir la procédure de dissolution de l'Assemblée nationale. Elle a estimé, dans un entretien avec Paris Match, que "cette décision est trop importante pour dépendre de la seule intuition d'un président après deux coups de téléphone". Par ailleurs, Elisabeth Borne défend dans son livre le retour à un septennat non renouvelable. Interrogée sur ses ambitions pour la présidentielle, Elisabeth Borne a affirmé que ce n'était "pas du tout le sens de [s]a démarche" et qu'elle voulait se concentrer sur des propositions.

(Avec AFP)