Le Premier ministre hongrois sortant, Viktor Orban, a reconnu sa défaite aux législatives en Hongrie ce dimanche. Avec une participation massive, les électeurs hongrois devaient trancher entre une fin de règne ou un cinquième mandat consécutif pour le dirigeant nationaliste. Du côté de la classe politique française, un large spectre allant de la gauche à LR salue ce résultat.
"Une victoire pour la Hongrie en Europe." Ce sont les premiers mots d'Emmanuel Macron après l'annonce de la défaite de Viktor Orban en Hongrie, lors des élections législatives de ce dimanche 12 avril. A l'image du président de la République, un large partie du spectre politique français salue ce résultat à l'est de l'Europe.
Le dirigeant nationaliste a reconnu sa défaite ce soir, lors d'un bref discours dans son QG de campagne. "Les résultats des élections, bien que non encore définitifs, sont clairs", a-t-il assuré. "Pour nous, ils sont douloureux mais sans ambiguïté. Nous n'avons pas reçu la responsabilité ni la possibilité de gouverner".
"Je viens de m’entretenir avec Peter Magyar pour le féliciter de sa victoire en Hongrie", a rapidement partagé sur X le chef de l'Etat. Ajoutant que "la France salue une victoire de la participation démocratique, de l’attachement du peuple hongrois aux valeurs de l’Union européenne et pour la Hongrie en Europe."
Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a également partagé sa satisfaction. "Le peuple hongrois a décidé de tourner la page d'un pouvoir qui s'est fourvoyé dans le démantèlement de l'Etat de droit et des libertés fondamentales, la désinformation et la collusion avec la Russie, au mépris de la souveraineté européenne", a assuré le ministre des Affaires étrangères.
A gauche, même si on refuse d'accorder un blanc-seing à Peter Magyar, on se félicite du résultat. "Un soulagement pour des millions d’Hongrois", indique la députée LFI Gabrielle Cathala, par ailleurs observatrice électorale sur place pour cette journée de vote. "Son successeur Magyar reste un homme de la droite dure qui siégeait avec les LR au Parlement Européen", précise néanmoins la parlementaire dans un tweet. "La gauche est portée disparue. Tout reste à construire."
Manon Aubry, la cheffe de file des insoumis au Parlement européen fait un lien entre le dirigeant nationaliste battu et le RN en France. "C'est une défaite lourde pour l'allié de Marine Le Pen et Jordan Bardella qui était allé le soutenir", juge l'eurodéputée.
Marc Fesneau, le président du groupe des Démocrates à l'Assemblée nationale, y voit lui une "très bonne nouvelle" et "un tournant décisif pour lever les blocages qui entravaient l’Union". Jean-Louis Thériot, député Les Républicains et ancien ministre considère que "la défaite de Viktor Orban et la victoire de Peter Magyar est la preuve qu’il n’y a pas de fatalité au triomphe des démagogues, inféodés à Moscou". "C’est une excellente nouvelle pour notre continent", ajoute-t-il, y voyant aussi "une leçon pour la France, une droite solide, rassembleuse, attachée à l’ordre, à la liberté et à l’autonomie stratégique de l’Europe peut l’emporter".
Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre et président du groupe EPR, en profite pour appeler à se "mobiliser pour qu’il en soit de même pour ses représentants français du Rassemblement national l’an prochain." Du côté du groupe Horizons, le député Jérémie Patrier-Leitus estime que "le peuple hongrois a donné tort à Marine Le Pen et à tous les populistes.".
Le Rassemblement national, allié au Parlement européen à la Fidesz, le mouvement de Viktor Orban, au sein du groupe des Patriotes, a réagi plus tard dans la soirée. D'abord par la voix du député Guillaume Bigot a vu en Viktor Orban une "figure majeure de la Hongrie contemporaine (qui) s’incline devant le verdict des urnes". "En respectant le choix souverain du peuple hongrois, il rappelle qu’une démocratie se grandit aussi dans l’acceptation de l’alternance", a-t-il ajouté.
Puis Jordan Bardella a partagé sur X son sentiment. "Ce résultat, accueilli respectueusement par Viktor Orbán, démontre que les accusations incessantes des institutions européennes ces dernières années contre la démocratie hongroise étaient infondées", a jugé le président du RN. Avant d'ajouter: "Viktor Orbán est un grand patriote, qui aura achevé durant son mandat le rattrapage économique de la Hongrie, promu des politiques familiales qui ont permis de protéger la natalité, et défendu les frontières de son pays et de l’Europe face aux flux migratoires.".