Faut-il taxer le vapotage? Le débat revient via le Parlement européen

Actualité
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Jeudi 4 juin 2026 à 19:20

Alors qu'une nouvelle directive européenne sur les produits du tabac est en cours d'examen à Bruxelles, le sujet revient dans l'Hexagone, après avoir été au coeur des débats du projet de loi de finances à l'automne dernier à l'Assemblée nationale.

Alors que le Parlement européen va se prononcer le 17 juin sur une nouvelle directive sur les produits du tabac, le sujet de la taxation des produits de vapotage revient dans l'actualité. Les cigarettes électroniques sont "nuisibles pour la santé", a déclaré mercredi soir, sur le plateau de l'émission Chaque voix compte sur LCP, le député Charles de Courson (Liot), favorable à la mesure, "avec quelques réserves". "Ceux qui vapotent ne sont pas à 100% des gens qui ont fumé", a-t-il ajouté, pour justifier sa position, évoquant un enjeu de santé publique. 

"Il n'y a pas d'étude qui montre qu'on entre par le vapotage pour aller ensuite vers le tabagisme", a répliqué sa collègue socialiste Anna Pic (voir l'intégralité de l'échange dans la vidéo en tête de l'article). Pour l'élue de la Manche, le vapotage est "aujourd'hui le meilleur levier que nous avons pour le sevrage tabagique".

Présente sur le plateau, la médecin tabacologue Marion Adler s'est également dite opposée à toute taxation des cigarettes électroniques, car "souvent la vape est d'une aide extrêmement importante [...] dans le sevrage tabagique". " Si vous taxez la vape, vous favorisez l'industrie du tabac", a-t-elle aussi déclaré

Sur X, Antoine Flahault, professeur de santé publique à l’hôpital Bichat, a également réagi indiquant que "taxer le vapotage serait une aberration contre la santé publique". 

Tweet URL

La taxation avait été rejetée par les députés à l'automne

A l'Assemblée nationale, le sujet de la taxation des produits de vapotage avait animé les échanges de l'automne dernier autour du projet de loi de finances (PLF). En effet, l'article 23 du budget prévoyait de taxer les liquides alimentant les cigarettes électroniques, à hauteur de 30 centimes par flacon de 10mL pour les produits faiblement nicotinés et 50 centimes pour les autres.

Mais il avait été, à l'époque, supprimé par les députés, via un amendement de suppression porté par l'Insoumis Aurélien Le Coq. Le vapotage était "l'un des moyens qui permet de sortir du tabagisme", avait affirmé l'élu LFI, tout en estimant qu'une taxation "risquerait de pousser des Français à continuer de fumer". Un vote identique avait eu lieu quelques jours plus tôt en commission. 

Tweet URL

La suppression de cette taxation avait également été défendue par Pierre Cazeneuve (Ensemble pour la République) et son collègue Guillaume Kasbarian. "Ça ne va pas faire fumer moins les gens, c'est juste qu'ils vont payer plus cher leur vape et rendre encore moins intéressante la vape par rapport à la cigarette réelle qui, elle, a un vrai problème", avait argumenté ce dernier en commission. "Il n'y a aucune justification sanitaire à cette taxation", avait estimé Marine Le Pen, la présidente du groupe du Rassemblement national, dans l'hémicycle.

Au contraire, les députés qui soutenaient à l'automne dernier la mesure de taxation du gouvernement et du rapporteur Philippe Juvin (Droite républicaine) avaient tous mis en avant le fait que la cigarette électronique "peut être une entrée dans le tabac pour les adolescents". "Les risques du vapotage chez les jeunes sont très importants. [...] Il y a de la nicotine dans les produits de vapotage ", avait par exemple déclaré Perrine Goulet (Les Démocrates).

Tweet URL