Interview de Sergueï Lavrov par Léa Salamé: un député saisit l’Arcom et dénonce une tribune "sans contradiction"

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Sergueï Lavrov invité au 20 heures de France 2 le 26 mars 2026
Sergueï Lavrov invité au 20 heures de France 2 le 26 mars 2026 - LCP
par Soizic BONVARLET, le Vendredi 27 mars 2026 à 19:08, mis à jour le Vendredi 27 mars 2026 à 19:18

Après la diffusion de l'interview de Sergueï Lavrov par Léa Salamé lors du 20 heures de France 2 jeudi soir, le député Laurent Mazaury (Liot) a décidé de saisir l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom). Il dénonce une séquence durant laquelle le ministre des affaires étrangères de Vladimir Poutine a eu tout le loisir, "sans contradictoire adéquat ni mise en perspective" de relayer la propagande russe.

"Stupeur". C'est le terme employé par Laurent Mazaury (Liot) pour faire part de son sentiment au visionnage de l'interview de Sergueï Lavrov lors du journal de 20 heures de France 2, jeudi 26 mars. Le ministre des Affaires étrangères russe ayant été reçu par Léa Salamé au cours de ce rendez-vous phare d'information, le député estime qu'"une chaîne publique d'information [lui] a offert, sans contradiction sérieuse ni mise en perspective, une tribune de tout premier plan". Et ce alors que le ministre incarne selon le député un "instrument central de la propagande d'un régime engagé dans une guerre d'agression illégale contre l'Ukraine". 

"Déversoir de la propagande russe"

Au-delà de la simple invitation du ministre de Vladimir Poutine dans le journal de France Télévisions, c'est également le ton et le choix des questions de l'incarnation du 20 heures, Léa Salamé, qui sont mis en cause par le député. Ce dernier estime que "l'interview de M. Lavrov lui a permis, de manière tout à fait privilégiée, de diffuser la propagande russe et des propos mensongers sans qu'aucune rectification n'ait été apportée". Laurent Mazaury va aussi jusqu'à évoquer un "véritable déversoir de la propagande russe".

La diffusion sans contradictoire adéquat ni mise en perspective relève de l'instrumentalisation de l'espace audiovisuel national à des fins de propagande hostile aux intérêts et aux valeurs de la France. Laurent Mazaury, député (Liot) des Yvelines

Un manquement selon le député, à la garantie de l'honnêteté de l'information, dont il rappelle que les éditeurs des services audiovisuels sont astreints par l'article 13 de la loi du 30 septembre 1986. Il annonce ainsi saisir le gendarme audiovisuel en application de cette loi, et au motif que "la lutte contre les ingérences étrangères est tout à fait primordiale et indispensable".